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A Djeddah, dans le cadre d’un nouveau plan colossal, l’Arabie saoudite dévoile son futur Musée central.

Image en couverture : © Heatherwick Studio

Un nouveau musée en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite s’est lancée dans l’une des entreprises de restructuration globale parmi les plus ambitieuses de l’Histoire de l’humanité, ayant la volonté de passer d’un Etat pétrolier à un empire du divertissement.

À l’échelle d’une génération, ce pays grand comme quatre fois la France va créer des villes inouïes comme The Line, Trojena et Oxagon, et faire sortir de terre des monuments colossaux, comme le cubique Mukaab et ses 400 mètres d’arêtes.

Il va aussi transformer en profondeur son parc existant, puisque le Mukaab par exemple va s’inscrire dans la création globale d’un immense quartier à Riyad (capitale du pays), le New Murabba, ayant une superficie de 19 km2 et une capacité d’accueil de centaines de milliers d’habitants, avec plus de 100 000 logements prévus, et des millions de mètres carrés de bureaux et d’emplacements commerciaux. Un quartier d’ailleurs pensé autour de la doctrine de la « ville du quart d’heure ».

Mais il n’y pas bien sûr que la capitale qui va bénéficier des ambitions pharaoniques de MBS et son gouvernement. À Djeddah, ville portuaire de l’ouest donnant sur la mer Rouge, et située à 50 kilomètres de La Mecque, un projet de développement de 5,7 millions de mètres carrés va être entrepris, offrant des services touristiques (hôtels, etc), et des divertissement sportifs, culturels et commerciaux.

L’emplacement du futur « Jeddah Central Museum » dans le port de Djeddah / © Heatherwick Studio

Dans le cadre de ce projet là encore démesuré, une partie du port de Djeddah va être repensée. Dans cette zone, une ancienne usine de dessalement va être transformée en « Musée central de Djeddah ». Un projet remporté par le studio du designer britannique Thomas Heatherwick.

Le projet prévoit la transformation du hall principal des turbines en un espace d’exposition décrit comme « spectaculaire », et de l’ancienne usine de dessalement en un « souk des créateurs ». L’ensemble veut rapprocher l’échelle humaine des choses et le « caractère industriel du site ».

Vue depuis le ciel du futur "Jeddah Central Museum" imaginé par le cabinet Heatherwick Studio
« Jeddah Central Museum » / © Heatherwick Studio

Celui-ci détaille que ce futur Musée proposera un programme d’expositions publiques. On y trouvera aussi des espaces de production (comprenant des studios mais aussi des ateliers), sur un campus plus large, dédié à « aider les gens à découvrir, expérimenter et se sentir inspirés par le processus créatif ».

Le studio parle de ce futur musée comme d’un « lieu d’inspiration et de création », pour les habitants locaux comme les visiteurs, « favorisant la créativité et l’effort artistique dans le Royaume ». Une volonté culturelle qui vient s’appuyer sur héritage millénaire de la ville de Jeddah, citée dans le projet comme « une ville d’artistes et de créateurs depuis plus de mille ans ».

Vue depuis la mer Rouge du futur "Jeddah Central Museum" imaginé par le cabinet Heatherwick Studio
« Jeddah Central Museum » / © Heatherwick Studio

Pour l’instant, seuls ces premiers visuels sont connus de ce projet qui devrait faire au total 257 500 mètres carrés, et on n’a pas de visibilité sur le calendrier d’achèvement de cette transformation d’usine de dessalement en musée.

Au média Dezeen, Mat Cash, partner chez Heatherwick Studio, explique que ce futur Musée central « jouera un rôle majeur dans la transformation de la ville de Djeddah, qui passera d’un passé marqué par les combustibles fossiles à une nouvelle économie axée sur la créativité, et contribuera à libérer le potentiel de sa jeune population ».

Le projet va aussi s’inscrire dans la volonté verte et écologique déployée par l’Arabie saoudite, et « des stratégies actives et passives, à faible émission de CO2, sont appliquées à toutes les structures principales du site », et Mat Cash explique que « chacun d’entre eux aura des niveaux élevés d’isolation et de protection solaire, via l’utilisation d’une enveloppe métallique pour refléter le soleil, qui créera une couche interne pour les garder au frais, à l’intérieur ».

Un programme d’isolation bienvenu, dans une ville où la température moyenne annuelle est de 28,1 degrés, et où il ne pleut presque jamais (79 millimètres par an).

Pour en savoir plus : https://www.heatherwick.com/project/jeddah-central-museum/