Le premier projet du cabinet danois Bjarke Ingels Group en Amérique du Sud est officiellement terminé fin 2022, après quatre années de construction. La tour IQON devient le plus haut bâtiment de la capitale équatorienne Quito, une ville dont l’altitude est l’une des plus élevées au monde.
Image en couverture : © Pablo Casals Aguirre
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Bjarke Ingels Group termine l’incroyable tour IQON
Avec la construction de la tour IQON, la croissance vertigineuse de la skyline de Quito franchit une nouvelle étape.
Ce projet marque l’achèvement de la première étape d’un projet qui compte en réalité deux tours, toutes deux développées par le studio d’architecture BIG de Bjarke Ingels : IQON et EPIQ. Un projet qui dominera La Carolina, le parc central de la capitale équatorienne, assez proche visuellement de Central Park à New York.
Conçu pour occuper une parcelle en forme de « L », le gratte-ciel de BIG se courbe comme l’espace disponible au sol, du nord vers le sud. Avec une hauteur considérable de 131 mètres de haut, l’oeuvre brutaliste devient donc le plus haut bâtiment de Quito, dépassant la Basílica del Sagrado Voto Nacional, une cathédrale catholique romaine, construite dans le centre historique de la ville.
Tout au long de ses 33 étages, ce sont 220 appartements hauts de gamme qui viennent surplomber la ville avec des orientations différentes, vers le nord ou l’ouest, tandis que le côté plus classique de la tour, orienté à l’est, a été réservé aux espaces de bureaux. En dehors des appartements et des bureaux, le promoteur propose sur trois étages des installations communes ludiques, dont un bowling, une salle dédiée à la musique, située au sixième étage, ainsi qu’une salle de poker et un court de squash, près de la somptueuse piscine située sur le toit.

Un chef d’oeuvre de la capitale équatorienne
Les motifs rotatifs de la tour IQON se répètent tous les trois étages, donnant à la façade une forme semblable à l’ananas, et un aspect pixélisé. Le motif dentelé, fabriqué à partir de centaines de blocs de béton empilés les uns sur les autres, produit une myriade de volumes, et d’espaces horizontaux et verticaux, qui ont été convertis en balcons et terrasses pour les appartements.




Pour adoucir l’aspect dur du béton et de l’esthétique brutaliste du bâtiment, le studio d’architecture a inséré une « ferme d’arbres urbaine », en plantant une sélection d’arbres et d’arbustes issus de la biodiversité équatorienne, dans des jardinières occupant les coins des appartements. Lorsqu’ils auront dépassé une certaine taille, les arbres seront replantés dans le parc.


La transformation de Quito en une ville verticalisée, avec des constructions s’élevant le long des axes principaux et de La Carolina, a été rendue possible par l’assouplissement des limites de hauteur imposées, qui sont passées de 15 à 40 étages au maximum. Ceci à la suite du déplacement de l’aéroport international hors de la ville, en 2015.
Le promoteur d’IQON, Uribe Schwarzkopf (connu aussi pour le projet The Hills avec MVRDV), a été à la tête du boom des gratte-ciel contemporains avec ce qu’il a appelé « l’urbanisme sain », faisant appel à des architectes mondiaux tels que Bjarke Ingels Group, Safdie Architects, Carlos Zapata, le français Jean Nouvel, ou encore MAD pour remodeler la ville et sa skyline.
La tour en elle-même serait une anomalie architecturale, selon Lorenz Krisai, responsable de la conception chez BIG de la tour IQON et du second projet EPIQ :
« Un bâtiment brutaliste comme celui-ci n’aurait probablement pas été possible ailleurs ou avec un autre partenaire. Peu importe à quel point nous poussions le concept à ses limites, ils n’arrêtaient pas de dire « oui ». »
Achevée en octobre 2022, la façade brutaliste de la tour IQON rejoint l’impressionnant corpus de bâtiments brutalistes de Quito, parmi lesquels on note le « Templo de la Patria », de l’architecte Milton Barragán.
La seconde tour du projet, la tour EPIQ, devrait être achevée en 2023.


