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Le projet vainqueur de la consultation autour du Parlement Européen, par le collectif Europarc.

Image en couverture : © Europarc

A Bruxelles, l’Hémicycle du Parlement Européen va changer

En 2020, une consultation pour la rénovation en profondeur et la transformation du bâtiment Paul-Henri-Spaak, hébergeant le Parlement Européen à Bruxelles, était lancée par l’UE.

Inauguré en 1993, le bâtiment Paul-Henri-Spaak fêtera ses trente ans l’an prochain. Il abrite en particulier l’hémicycle des sessions plénières, comptant 705 eurodéputés, mais aussi un centre de presse, et les bureaux du Président du Parlement (Roberta Metsola actuellement) et de ses équipes.
Son dessin est de l’architecte Michel Boucquillon, qui avait remporté le concours, en 1988, à seulement 26 ans. Les Bruxellois le surnomme le « Caprice des Dieux », pour la ressemblance de son design avec l’emballage du fromage.

La consultation visait à ce que le bâtiment soit repensé, tant pour en minimiser l’impact environnemental que pour l’ouvrir sur Bruxelles, et aux citoyens. Un objectif d’exemplarité était attendu « dans la mesure où il abrite la fabrique de la Loi », d’après l’un des dirigeants d’Europarc, le cabinet qui vient de remporter la consultation.
Europarc n’est pas un cabinet individuel, mais un collectif d’architectes, qui rassemble des agences de plusieurs pays européens. On trouve au sein d’Europarc : 

Vainqueur de la consultation, Europarc est passé par plusieurs étape avant cette désignation finale. Avec d’abord une pré-qualification totalement ouverte, puis une étape de sélection parmi 132 candidats retenus, et enfin un concours anonyme pour les 15 finalistes.

Les visuels du projet gagnant du collectif Europarc

Totalement dans l’ère du temps, le collectif Europarc a proposé un projet faisant la part belle à la végétalisation architecturale, et à l’intégration à tous les niveaux des énergies renouvelables.

Si le bâtiment proposé présente toujours sa forme de « Caprice des Dieux », il arbore un tout nouveau design, et surtout un toit totalement repensé, accueillant un grand parc arboré, sorte d’Agora verte, reprenant la symbolique grecque des lieux de rassemblement dans la vie de la cité.

Le bâtiment Paul-Henri-Spaak qui a remporté la consultation / © Europarc

Les visuels ci-dessous permettent de mieux comprendre comment est pensé ce toit végétal par le collectif, au sommet d’un bâtiment Paul-Henri-Spaak rénové, repensé, mais pas pour autant bouleversé.

Car dans une optique de neutralité environnemental, Europarc fait le choix d’assumer l’existant, et de n’en modifier qu’une partie à l’intérieur, pour éviter les destructions massives et l’empreinte carbone générée. Le projet met aussi l’accent sur l’ouverture du bâtiment, tant au public qu’à la ville, dans une optique d’intégration globale, comme c’était requis.

En parcourant le « Design sheet » du projet d’Europarc sur le site officiel du projet, on peut avoir, avec le plan de coupe, un regard inédit sur le bâtiment Paul-Henri-Spaak tel que l’imagine Europarc. Avec cet accent mis sur le toit vert, communiquant via une grande lucarne vitrée sur l’hémicycle situé aux neuvième et dixième étage. On y voit aussi les autres espaces majeurs, notamment les trilogues et le centre de conférence.

Le plan de coupe du bâtiment Paul-Henri-Spaak, hébergeant le Parlement Européen à Bruxelles, par le collectif Europarc.
Le plan de coupe / © Europarc

L’avis du jury

L’avis du jury donne des informations intéressantes sur ce qui a permis à ce projet de remporter le concours pour la rénovation du Parlement Européen de Bruxelles.
D’abord, conscient des enjeux écologiques majeurs du projet, le jury explique s’être enthousiasmé pour l’approche de « réutilisation authentique adoptée par le projet » d’Europarc, qui permettra de conserver l’essentiel de la structure actuelle. Ceci tout en lui proposant « une nouvelle identité extérieure » et « une meilleure perméabilité au public ». Car l’objectif est aussi de connecter la bâtiment à l’Agora Simone Veil, la Place du Luxembourg, le Parc Léopold et le centre-ville de Bruxelles plus généralement.

Le vaste toit converti en terrasse végétalisée a aussi conquis le jury, de par son ouverture sur la chambre principale, mais aussi par sa conversion de l’architecture existante, restant ainsi « cohérent avec l’expression architecturale du bâtiment ». Dans cette optique, la possibilité proposée d’une « intégration élégante » de panneaux photovoltaïques est aussi largement valorisée par le jury.

Et le jury conclut :

« En résumé, le projet est une véritable proposition de réutilisation qui offre une interface améliorée avec le public et une nouvelle expression architecturale au bâtiment avec quelques caractéristiques utiles de durabilité. »

Néanmoins, après cette consultation remportée, de nombreuses zones d’ombres entourent la réalisation effective du projet. À commencer par le budget, qui n’a pas été alloué.