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Début 2019, un projet remporte la transformation de la tour Montparnasse en faisant la part belle aux visuels verdoyants et aux éléments de langage : cinq ans plus tard, les travaux n’ont pas commencé.

Cette tour Montparnasse haïe des parisiens

Depuis son achèvement en 1973, la tour Montparnasse ne jouit pas vraiment d’une belle cote de popularité, loin s’en faut.

« Verrue noire » pour les uns, « horreur » pour d’autres, la tour a aussi comme reproche universel de ne pas être placée au bon endroit : en plein Paris. Une ville où l’essentiel des bâtiments ne dépassent pas 25 à 30 mètres, pour une uniformité architecturale choisie de longue date. La tour Montparnasse mesure elle 210 mètres de haut.

La tour Montparnasse actuelle vue depuis la rue de Rennes.

De plus, son aspect est particulièrement sombre et froid : une tour noire, faite de longue façade longilignes de vitres teintées, et parcourue de rares colonnes claires.

Alors à mesure que le monde évolue, l’envie de redessiner la tour s’est faite de plus en plus forte à Paris. Le besoin, même. Et c’est finalement devenu un projet réel il y a une dizaine d’années.

Le projet de transformation du gratte-ciel parisien

Après plusieurs années d’études et un concours, le projet final de l’équipe « Rogers, Stick, Harbour » est présenté en 2019, et dévoilé aux parisiens lors d’une exposition autour de la transformation du quartier « Maine-Montparnasse », présentée au Pavillon de l’Arsenal.

Le projet retravaille une zone de 9 hectares, avec une refonte entière de la tour Montparnasse mais aussi des bâtiments (presque abandonnés aujourd’hui) qui la jouxtent et accompagnent la place du 18-Juin-1940 depuis la gare jusqu’à la rue de Rennes.

Les rendus visuels montrent un projet verdoyant, lumineux, qui crée une osmose entre l’îlot de la place et les constructions existantes autour.

Le quartier complètement repensé autour de la Tour Montparnasse d’après le projet de Nouvel AOM.

Comme sur beaucoup de visuels utilisés par la Mairie de Paris pour vendre des projets aux habitants, on note une surreprésentation d’arbres (« Plus de 2000 arbres »). On découvrait aussi un projet d’« agriculture urbaine ».

La tour s’intégrerait beaucoup mieux dans le ciel parisien.

Une tour remaniée, repensée, verdie et… jamais réalisée

Au niveau de la transformation de la tour Montparnasse en elle-même, le projet de l’équipe d’architectes français Nouvelle AOM présentait une tour remaniée : une base aérée faisait la part belle aux balcons et à la végétation, pour l’adoucir.

Une terrasse située à environ 25% de la tour proposait un bel espace ouvert (« un jardin suspendu vers le 15e étage » expliquait en juin dernier actu.fr) et un point de vue unique sur la capitale.

Une belle terrasse face à Paris et la Tour Eiffel.

Au sommet, un nouvel espace proposait un projet « de jardin suspendu visible de l’extérieur » de 18 mètres de haut qui devrait accueillir « une serre agricole et des panneaux photovoltaïques à même de fournir la moitié des besoins en éclairage artificiel » de la tour.

Après ces travaux, la tour devait pouvoir accueillir 12 000 personnes par jour, contre 6000 aujourd’hui. Vue depuis les hauteurs de l’avenue du Maine, la tour devait être comme ça :

Vue de la tour depuis un bâtiment situé sur l’avenue du Maine.

Et vue depuis la rue de Rennes, la perspective était vraiment améliorée par rapport à la tour actuelle, participant probablement à mieux intégrer l’édifice dans Paris pour un demi-siècle de plus.

Vue du projet depuis la rue de Rennes.

Une vidéo de mars 2019, toujours en ligne actuellement, présente le projet comme il était envisagé à l’époque :

Sur le site de la Mairie du 15ème arrondissement où l’article présentant le projet est toujours en ligne, est écrit : « Fin des travaux prévue pour les JO de 2024. » Comme les travaux étaient prévu pour « durer 44 mois », il est peu probable qu’à bientôt mi-mars, on les ait vu aboutir en juillet prochain…

En fait, selon les informations du parisien de juin 2023, les travaux ne débuteraient qu’après les Jeux Olympiques, soit fin 2024 au mieux. Mais à quelques mois de ce début potentiel des travaux, aucune fumée blanche à l’horizon.

Plus d’informations sur le projet :