Tourné il y a trente ans maintenant, le film La Haine de Mathieu Kassovitz offre un petit rôle méconnu au jeune Benoît Magimel, alors âgé de 20 ans.
Auteur / Autrice :
La Haine, tourné il y a trente ans déjà
Fin mai 1995, le France s’emballe pour l’album D’eux de Céline Dion, qui restera reste n°1 des ventes durant 44 semaines. Coolio achève son tube Gangsta’s paradise, qui sortira un peu plus tard en août. NTM a lancé dans les bacs son troisième (et meilleur ?) album, Paris sous les bombes, courant mars.
Mathieu Kassovitz, jeune réalisateur de 27 ans, sort alors son deuxième film. Deux ans après le plus confidentiel mais salué Métisse (deux nominations aux César 94, meilleure première œuvre et meilleur espoir masculin), il présente à la France le film La Haine.
Le succès critique est majeur, le film remportera trois Césars (César du meilleur montage, meilleur film, meilleur producteur) et le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1995. Le succès populaire l’est également, puisque La Haine fera deux millions d’entrées en France.
Pendant de nombreuses années, le film sera aussi régulièrement diffusé à la télévision, alors canal principal de la seconde vie des oeuvres cinématographiques ; le streaming n’existe pas, Internet balbutie péniblement avec un débit réduit, et les vidéos club ne sont pas l’option la plus prisée.
Depuis moins diffusé et désormais entaché de polémiques avec une grille de lecture plus moderne, La Haine n’en reste pas moins un film majeur du cinéma français des années 90.
Le petit rôle méconnu de Benoît Magimel
Un film où Benoît Magimel fait une apparition méconnue : après un petit quart d’heure, le trio formé par Vinz, Hub’ et Saïd arrive sur le toit de l’immeuble de Hubert. Saïd vole une merguez, se fait recadrer par son grand frère et va s’assoir au milieu d’un petit groupe en pleine discussion sur le flingue utilisé dans L’arme Fatal.
Un jeune homme blanc fume une cigarette, porte un bonnet, et anime la conversation, c’est Benoît Magimel.

Il aura aussi cette réplique sentencieuse :
« Franchement, le keuf qu’a perdu le flingue, j’le connais pas, j’sais pas c’est qui… Mais le mec qu’a trouvé le flingue, j’aimerais bien savoir c’est qui. »
Quelques secondes plus tard, alors que plusieurs policiers sont montés sur le toit pour mettre fin à la fête et calmer les « excités » qui insultent le maire, Magimel repasse dans le cadre, notamment attrapé par le frère de Saïd, qui tient encore le rôle de pilier.

Voici la scène dans son intégralité (dans une qualité malheureusement mauvaise) :
Pour autant, ce n’est pas le premier rôle de Magimel, loin de là. En 1988, il est dans La vie est un long fleuve tranquille de Étienne Chatiliez, qui remporte quatre Césars. Il y joue Momo, l’un des rôles principaux. L’année suivante, il joue encore un rôle principal dans Papa est parti, maman aussi, de Christine Lipinska.
Au début des années 90, avant de passer dans le film de Kassovitz en 1995, il apparaît dans cinq autre films, dont La Fille seule de Benoît Jacquot, avec Virginie Ledoyen.
Mais cette apparition dans La Haine reste trente ans plus tard une scène largement ignorée de la carrière de l’acteur.


