A 34 ans, l’actrice Noémie Merlant a été choisie pour incarner une icône française, Emmanuelle, dans le film de Audrey Diwan.
Image en couverture : © Noémie Merlant – Instagram
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Une nouvelle adaptation pour Emmanuelle, et une nouvelle actrice pour le rôle titre !
En 1959, à 39 ans seulement, Boris Vian disparaissait, à Paris. La même année parait « Emmanuelle », un roman érotique écrit par Marayat Bibidh, sous le pseudonyme de Emmanuelle Arsan. Née en 1932 (à Bangkok), l’autrice a alors seulement 27 ans.
Même si l’ouvrage fait l’objet d’une censure, il connait un rapidement le succès, ce qui lui vaudra plusieurs rééditions, et une première adaptation cinématographique quinze ans plus tard, en 1974. Une adaptation qui rencontrera elle un succès absolu, puisque le film enregistre 8 millions d’entrées en France, et restera à l’affiche d’une salle des Champs-Elysées pendant dix ans !
C’est une nouvelle vision moderne de ce roman entrée dans l’Histoire qui va être proposée par la réalisatrice Audrey Diwan, qui co-signe le scénario avec Rebecca Zlotowski. Cette dernière est la réalisatrice en 2016 de « Planetarium » avec Lily-Rose Depp, Natalie Portman ou encore Louis Garrel, « Une fille facile » (2019) avec Benoît Magimel et Zahia Dehar, un film au petit goût de Rohmer, et « Les Enfants des autres » en 2022.
Ce sera le troisième long métrage pour Audrey Diwan, après « Mais vous êtes fous » en 2019, mais surtout « L’Événement » en 2011, Lion d’Or à la Mostra de Venise 2021 et titulaire des prix « Meilleur film » et « Meilleur actrice » (Anamaria Vartolomei) au 27ème Lumières de la presse internationale. Anamaria Vartolomei reçoit aussi le César du Meilleur espoir féminin en 2022 pour sa performance.
Pour cette adaptation de « Emmanuelle », Audrey Diwan avait dans un premier temps pensé à Léa Seydoux, mais a finalement opté pour Noémie Merlant. La réalisatrice explique ce changement d’actrice dans les colonnes de Deadline : « J’aime Léa Seydoux, j’ai envie de faire un film avec elle… Mais (…), elle n’était pas le personnage que j’imaginais ». Dans les traits et les mouvements de Noémie Merlant, elle semble voir une actrice « capable de jouer à la fois l’autorité et la séduction », apte à « redéfinir la femme française » comme Emmanuelle.
Noémie Merlant, un parcours (déjà) complet
Née en 1988, Noémie Merlant fait sa première apparation furtivement sur grand écran à vingt ans, avec le film américain « Les Ombres du passé », du scénariste, producteur et réalisateur Boaz Yakin.
C’est quatre ans plus tard qu’elle débute comme premier rôle au cinéma, lorsqu’elle joue la « sublime » Éléonore dans « L’Orpheline avec en plus un bras en moins » de Jacques Richard, où elle est éprise de Robinson, joué par Melvil Poupaud.
S’en suivent divers rôles secondaires, sous les directions de Delphine Gleize, Kim Chapiron, Nicolas Castro. En 2014, on la voit dans le touchant « Les Héritiers » de Marie-Castille Mention-Schaar. On la voit l’année suivante dans le remake de « Un moment d’égarement » avec Vincent Cassel et Alice Isaaz.
En 2016, elle apparait dans « Dieumerci ! » et dans « À tous les vents du ciel », mais il faut surtout retenir son rôle de Sonia, dans « Le ciel attendra », à nouveau sous la direction de Marie-Castille Mention-Schaar. En 2018, elle est la Pauline dont est épris Jean Dujardin dans « Le Retour du héros ». On la voit à nouveau jouer pour Marie-Castille Mention-Schaar dans « La Fête des mères ».
En 2019, elle incarne l’autrice Marie de Régnier, aussi connue comme Gérard d’Houville, dans « Curiosa » de Lou Jeunet. Mais surtout, elle brille devant plus de 800 000 spectateurs français dans « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma. Le film est notamment « Prix du meilleur scénario » à Cannes en 2019, neuf fois nominés aux César 2020, et emporte celui de « Meilleure photographie ». Et il vaut à Noémie Merlant le prix de « Meilleur actrice » aux Prix Lumières de la presse internationale 2020.
Un an plus tard, Noémie Merlant est très touchante (encore) dans « Jumbo », de Zoé Wittock, où elle joue la fille de Emmanuelle Bercot. Elle retrouve une quatrième fois Marie-Castille Mention-Schaar pour « A Good Man », avec Soko et Vincent Dedienne, où son choix est controversé et qui lui vaut d’être prise pour une cible sur les réseaux sociaux par la communauté trans.
En 2021, on la voit jouer pour Jacques Audiard dans « Les Olympiades ». Cette même année, elle dévoile son premier film comme réalisatrice : « Mi iubita, mon amour », où elle joue le rôle principale, Jeanne. L’année suivante, elle joue avec et pour Louis Garrel dans « L’Innocent ». Elle joue aussi avec Cate Blanchett, qui vient de briller dans « Dont Look Up » et « Nightmare Alley », dans le film « Tár » de Todd Field, sorti il y a quelques semaines seulement en France.
Cette année, on attend maintenant de la découvrir dans « Un an, une nuit », adapté du livre « Paz, amor y Death metal » de Ramón González, un survivant de l’attentat islamiste du Bataclan en novembre 2015. Mais aussi dans le prochain film de Éric Toledano et Olivier Nakache « Une année difficile », où elle donnera la réplique à Pio Marmaï et Jonathan Cohen !
Avant de la voir (probablement) briller dans la prochaine adaptation de Emmanuelle, de Audrey Diwan, à trente-cinq ans !


