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Portrait complet de Lumir Lapray, nouvelle chroniqueuse de l’émission Estelle Midi.

Image en couverture : © Lumir Lapray

Lumir Lapray, nouvelle voix de gauche chez Estelle Midi sur RMC

Le 16 novembre 2022, les habitués de l’émission Estelle Midi, diffusée en simultané sur la radio RMC et la chaine TV RMC Story, découvrent une nouvelle voix. Face à la tenace et populaire Estelle Denis, et aux deux « grognards » habitués Frédéric Hermel et Robert Sebbag, une militante écologiste quasi-inconnue se présente à l’antenne : Lumir Lapray.

Pourtant, Lumir Lapray est déjà connue de différents mondes : celui de sa région natale, l’Ain, où elle est très ancrée, et celui de la politique, qu’elle fréquente d’une manière de plus en plus rapprochée. Et elle intègre avec le talk show généraliste de RMC un nouveau monde : celui des médias. Portrait.

Une « fille de prof » à bonne école

Lumir Lapray est née en 1992. Son prénom serait inspiré directement de celui qu’a donné l’actrice Fanny Ardant à son ainée, Lumir, il y a 46 ans. Elle a grandi à Proulieu, une petite commune en bord de Rhône, à mi-chemin de Lyon et de Genève, dans une maison Phenix construite en 1974 – l’une des premières. Sa mère, Olivia Vuillermet, l’a élevée seule, et est professeure dans un collège à Briord. Les filles et fils de prof et la politique, une très longue histoire française décidément. Lamir est « éduquée avec Le Monde et Telerama », et pas avec la télévision, ce qui ne l’empêche pas d’être une ado fan de Britney Spears.

Du point de vue du parcours scolaire, et c’est important, Lumir a fait Sciences Po Lyon, avec d’abord un Bachelor en Sciences Sociales, Affaires et Gestion Publiques, puis un double Master en politique publique, affaires publiques et affaires territoriales. En parallèle, elle a fait un Master 1 en aménagement et gestion du territoire, à l’Institut d’urbanisme de Lyon. Durant ses échanges, elle a aussi étudié la « sociologie de l’immigration », à l’université de Californie.

Lumir Lapray

Si elle a travaillé comme vendeuse pendant quatre ans chez André, en parallèle de ses études, et a fait une mission de quelques mois chez Emmaus, c’est chez Tenzing Conseil que sa première expérience professionnelle concrète a lieu. Un cabinet de conseil qui se veut positif, ayant notamment la certification B-Corp (comme Vestiaire Collective), et qui a fait parti des toutes premières « société à mission » françaises.

En près de trois ans, parmi ses diverses missions, elle travaille sur les JO 2024 pour en faire des « jeux exemplaires en matière sociale & environnementale« , aide la MNT (Mutuelle Nationale Territoriale) à définir sa RSE (Responsabilité sociétale des entreprises : une appellation fourre-tout s’apparentant le plus souvent à du greenwashing), et travaille avec le Ministère de la Transition Environnementale et Solidaire à la conception du « French Impact Project », à l’époque de François de Rugy.

Depuis janvier 2020, elle est « Consultante indépendante », surtout auprès d’associations et des entreprises sociales, mais également auprès d’entreprises désireuses de « définir et déployer leur politique et feuille de route RSE« . Un an plus tard, elle prend en parallèle un poste d’intervenante à l’Efap, une école de communication, puis à Sciences Po Lyon, son ex école, à partir de septembre 2021. D’après un entretien dans Usbek & Rica, elle concrétise ses aspirations écologistes et militantes en étant aussi très actives « au sein de l’association écologiste Alternatiba », y « participant à l’organisation d’actions de désobéissance civile et à l’animation d’ateliers », en parallèle.

En juin 2022, elle propose sa candidature au poste de députée dans l’Ain, dans la deuxième circonscription, sous l’étiquette NUPES. Un département qui avait placé Marine le Pen en tête du premier tour de l’élection présidentielle en 2017, et que Le Monde décrit chaleureusement comme « la France des pavillons, de la bagnole et des barbecues« , dans un portrait de la candidate. Elle est la seule femme candidate dans sa circonscription. Elle sera aidé par Sarah Durieux, passée neuf ans chez Change.org France, jusqu’à en être la directrice générale, et également intervenante à l’Efap depuis septembre 2021.

Le 25 avril, elle participe à l’émission « A l’air libre » de Mediapart, avec la future députée Rachel Keke, et la militante féministe Nadhéra Beletreche.

Si elle n’est pas élue, elle accède néanmoins au second tour, une performance remarquable pour une primo-candidate. Elle récoltera 41% des suffrages, avec 17 824 votes (moins de 18% des inscrits), et sera battue par Romain DAUBIÉ (Ensemble).

Son compagnon, Arthur Joliveau, 35 ans, est également diplômé de Sciences Po Lyon, mais aussi de l’EM Lyon, et a également passé trois ans chez Tenzing Conseil, à la même période que sa conjointe Lumir.