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L’un des deux exemplaires a été vendu le 5 mai 2022 pour la modique somme de 135 millions d’euros à un collectionneur privé : Zoom sur la Mercedes 300 SLR Uhlenhaut, la voiture la plus chère du monde.

C’était l’un des deux seuls exemplaires du « Uhlenhaut Coupé » jamais construits. Débutée en décembre 1955, et terminée six mois plus tard avec finalement un silencieux Eberspächer : Le 29 juin 1956, la voiture était prête à rouler.

Et Mercedes-Benz l’avait conservée depuis sa sortie d’usine.

Elle a finalement été vendue le 5 mai 2022 à un collectionneur privé contre 135 millions d’euros, devenant la voiture la plus chère du monde. La Mercedes 300 SLR Uhlenhaut doit son nom à son concepteur, Rudolf Uhlenhaut, designer et ingénieur au sein de la marque de Stuttgart depuis 1931.

Rudolf Uhlenhaut assis contre la Mercedes 300 SLR Uhlenhaut.

Il avait précédemment travaillé sur d’autres modèles phares de Mercedes-Benz, comme la W196 ou la 300 SLR à toit ouvert.

Il avait d’ailleurs basé l’esthétique du modèle sur d’autres lignes devenues célèbres : la W194 qui avait gagné au Mans en 1952, et la 300 SL Gullwing, appelée à être produite en série. Mais il a finalement plus repris la W196 (qui a propulsé Mercedes-Benz vers le succès en F1 en 1954 et en 1955) pour créer la 300 SLR Uhlenhaut.

Il modifie cependant la disposition monoposto (une place) de la W196, pour la transformer en deux places. Et si la voiture se dote d’un confort relatif en vue d’un usage de course d’endurance et non pas de F1, elle reste très brute : la plupart des conducteurs devaient retirer le volant (à dégagement rapide) pour s’installer à l’intérieur.

Ce qui n’est qu’un des points techniques spécifiques de la Mercedes 300 SLR Uhlenhaut. En voici quelques autres :

  • La pédale d’accélérateur est recouverte de cuir pour réduire le glissement du pied pendant la conduite.
  • Le système de chauffage est un volet ouvrable sur la cloison pare-feu du moteur, qui permet à la chaleur de s’échapper du compartiment moteur et de pénétrer dans l’habitacle.
  • Les freins à tambour sont logés dans le compartiment moteur, afin de réduire le poids.
  • Les pilotes chevauchent littéralement un grand tunnel de transmission avec des pédales de part et d’autre.
  • Un grand réservoir de carburant remplit le coffre, surmonté de deux roues de secours, « signe indéniable d’une voiture de course prête à en découdre sur de grandes distances » précisait Sotheby’s.
Le coffre de la Mercedes 300 SLR Uhlenhaut.
Le coffre de la 300 SLR « Uhlenhaut Coupé » avec ses roues de secours et son réservoir.

Le poids de la 300 SLR « Uhlenhaut Coupé » a été évalué à seulement 998 kg à sa sortie d’usine : moins d’une tonne, « une incroyable prouesse technique », rendue possible par « l’utilisation massive de magnésium ‘Elektron’ ultra-léger pour la carrosserie ».

La Mercedes 300 SLR Uhlenhaut vue de profil.
N° de châssis : 196.110-00008/55

Enfin, le moteur 3,0 litres à huit cylindres (en ligne, monté à l’avant) est quant à lui relié à l’une des caractéristiques les plus distinctives de la voiture : deux pots d’échappement, qui sortent par des « ouïes latérales » placées à mi-chemin de la 300 SLR (sur la longueur).

Photo noir et blanc de la mercedes 300 SLR Uhlenhaut vue de profil, avec les portières ouvertes.
Les deux pots d’échappement placé sur le côté de la 300 SLR Uhlenhaut, à côté d’une des portières papillons.

La légende dit d’ailleurs que Rudolf Uhlenhaut est finalement devenu sourd à cause du bruit de son redoutable coupé :

« Le designer d’origine anglaise n’était guère timide lorsqu’il s’agissait de conduire la voiture. Sur les deux voitures fabriquées, l’une lui appartient et lui sert de voiture de fonction. Rudolf Uhlenhaut conduisait régulièrement la 300 SLR, et l’on dit que, en retard pour une réunion, il a pleinement exploité les performances de la 300 SLR sur l’autobahn, parcourant environ 230 km entre Stuttgart et Munich en moins d’une heure. »

Le retrait de Mercedes-Benz du sport automobile après l’accident du Mans avait contraint Uhlenhaut à un changement de fonction, passant de l’ingénierie de bolides de compétition pour se concentrer sur les modèles de production en série.

Photo noir et blanc de la mercedes 300 SLR Uhlenhaut vue de profil, avec les portières fermées.
Autre photo d’époque de la Mercedes-Benz 300 SLR Uhlenhaut.

Au cours de sa longue existence, la voiture a servi de faire-valoir luxueux dans des démonstrations à travers l’Europe, et on sait qu’elle a été empruntée par une partie de la haute société des États-Unis, entre 1961 et 1963. Ensuite, à partir du milieu des années 1960, elle a été exposée ponctuellement par Mercedes-Benz lors de nombreux événements.

30 ans après sa production, au premier semestre 1986, Mercedes-Benz avait envoyé la 300 SLR à Tony Merrick, « l’un des principaux restaurateurs de véhicules historiques et spécialistes de la préparation de courses de son époque » selon RM Sotheby’s.

Photo noir et blanc de la mercedes 300 SLR Uhlenhaut vue de profil, avec les portières ouvertes.

Après la restauration complète, la voiture avait participé au Grand Prix Oldtimer au Nürburgring en août 1986, avant d’être présentée au Salon international de l’automobile de Genève, en 1988. Elle a ensuite été exposée dans de nombreux musées, d’autres compétitions automobiles, et divers concours d’élégance…

Finalement, après 66 ans de bons et loyaux services, Mercedes avait décidé de s’en séparer en 2022 et le véhicule avait été vendu par l’antenne RM Sotheby’s de la célèbre maison de ventes : achetée 135 millions, cette Mercedes mythique était alors devenue la voiture la plus chère du monde.

Pour en savoir plus et consulter plus de photos, vous pouvez consulter l’article de RM Sotheby’s à propos de la Mercedes-Benz 300 SLR Uhlenhaut et de sa vente, à ce lien.