Un statère vieux de vingt-quatre siècles a été vendu 5,5 millions d’euros par la maison d’enchères Numismatica Ars Classica, à Zurich, en mai 2023.
Image en couverture : Numismatica Ars Classica NAC AG, Auction 138, lot 155 © Numismatica Ars Classica NAC AG
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La pièce ancienne la plus chère du monde
Le média Connaissance des arts relève que le 18 mai dernier, une prestigieuse maison de ventes suisse a battu un record mondial avec une pièce en or historique.
Ce statère (monnaie frappée dans l’antiquité) unique et record est une petite pièce datant du IVe siècle avant J-C, frappée dans la cité grecque de Panticapée (aujourd’hui devenue la ville de Kertch, en Crimée), dans le royaume du Bosphore.
Cette pièce représente d’un côté un griffon, tenant une lance dans son bec, et de l’autre la tête d’un satyre, positionné de trois quarts : un point très important, puisque les statères de l’époque et plus anciens montrent presque toujours la divinité de profil.
De plus, le satyre serait une évocation d’un roi de la dynastie spartocide… Et peut-être même Satyros Ier, qui régna de 433 à 389 avant J.-C. Le griffon rappellerait lui les gardiens mythiques des gisements d’or des montagnes de Scythie, dans une zone autour de l’actuel Kazakhstan.

Une pièce historique, aux détails particulièrement soignés, qui pourrait avoir été frappée par un maître en la matière, il y a maintenant près de deux millénaires et demi. Une pièce finalement adjugée par la maison Numismatica Ars Classica à Zurich au prix de 5,39 millions de francs suisses (frais compris), soit environ 5,53 millions d’euros.
Ce statère devient ainsi la pièce antique la plus chère vendue aux enchères, « battant le record détenu jusqu’alors par la scandaleuse pièce des ides de mars, frappée en 42 avant J.-C., vendue 4,2 millions de dollars (environ 3,9 millions d’euros) par Roma Numismatics à Londres en 2020 (rapatriée en Grèce après que sa provenance se soit avérée falsifiée) », précise le média spécialisé.
Une valeur notamment dû à ses caractéristiques “techniques” listées plus haut, mais aussi à une rareté exceptionnelle et une histoire récente elle aussi particulièrement singulière.
D’après Numismatica Ars Classica, il s’agirait d’un des rares statères en or de cette région, de cette époque et de cette catégorie à être parvenu jusqu’à nous, mais c’est surtout le seul à être à ce jour la propriété d’un particulier.
Jusqu’en 1934, la pièce fait partie de la collection du musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg (Russie). Au début des années 30, le gouvernement soviétique met une large partie de la collection, dont le célèbre tableau La Madone d’Alba de Raphaël, ou L’Annonciation de Jan van Eyck, tous deux maintenant conservés à la National Gallery de Washington.
Ce statère est alors acquis par un collectionneur français spécialisé, Charles Gillet, de la famille Gillet. L’homme est un industriel, amateur de livres rares, de mobiliers précieux et d’antiquités, mais qui surtout détenait « la plus importante collection privée de pièces grecques jamais rassemblées« .
Pas la pièce la plus chère de l’Histoire pour autant
Si aujourd’hui ce statère devient la pièce ancienne la plus chère de l’Histoire, elle n’est pour autant pas la pièce la plus chère du monde.
La pièce qui détient le record mondial, toute période confondue, est une pièce américaine “Double Eagle” de 1933, vendue 18,9 millions de dollars en 2021, à New York, par Sotheby’s.


Un record qui semble presque impossible à rejoindre, ou à dépasser, tant l’écart entre un statère millénaire et cette pièce de 1933 reste important.


