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De Paris à Marseille, des grandes villes aux villages, à nouveau des milliers de heurts violents ont frappé les plus grandes villes de France lors de la nuit d’émeutes du 29 au 30 juin 2023, mais aussi des dizaines de petites villes.

Une troisième nuit d’émeute en France, entre le 29 et le 30 juin 2023

Dans la nuit du 29 au 30 juin 2023, ce sont environ 500 bâtiments publics qui ont été attaqués dans toutes la France, et des centaines de villes de toutes tailles qui ont été assaillis. Parmi les dégradations constatées :

  • Ecoles
  • Bibliothèques
  • Mairies
  • Bâtiments administratifs
  • Mobilier urbain : arrêts de bus, de tramway, lampadaires…
  • Magasins privés (salon de coiffure, superettes) et centre commerciaux

Sans oublier les centaines de véhicules de particuliers qui ont été brûlés, ainsi que les dizaines de bus, de camions, les motos volés….

Et sans oublier aussi, surtout, les agressions : pompiers, ambulanciers, médecins, infirmières, ces professions de première ligne ont été massivement attaqués dans la nuit. Mais aussi des journalistes, comme du côté de Tours et de Besançon.

  • Un bilan statistique effroyable :

Si au total 40 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés partout en France, on dénombre 249 policiers et gendarmes blessés au terme de cette nuit de violence du jeudi 29 au vendredi 30 juin. Selon le responsable national nuit Alliance police nationale William Maury : « Si je vous parle d’enfer, je pense que le mot est faible ».

Le RAID avait été déployé à Trappes, Elancourt, Garges-les-Gonesse et Bobigny, en IDF, mais aussi à Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier , Rennes, Nancy, Lille, Strasbourg et Lyon.

Et pourtant, malgré ces milliers de faits partout en France, et ces effectifs en nombre, le bilan définitif est de 875 interpellations réalisées cette nuit, dont 408 à Paris et en petite couronne.

On recense 39 attaques de locaux de la police nationale au cours de cette troisième nuit d’émeutes, et 24 ont visé des locaux de la police municipale et 16 des casernes de gendarmerie.

De plus, 119 attaques ont visé des bâtiments publics (Impôts, CPAM, Pôle Emploi, etc), dont 34 mairies incendiées ou dégradées, 28 écoles et 57 autres bâtiments publics.

Plusieurs couvre-feux avaient été imposés à Clamart (Hauts-de-Seine), Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) et Compiègne (Oise).

Troisième nuit d’émeutes de juin 2023 : le bilan des principaux faits en Île-de-France

Alors que les émeutes sont parties de la ville de Nanterre (92) en début de semaine, toute la région Île-de-France est touchée depuis deux nuits, et cette troisième nuit a été pire encore que la précédente.

D’après les chiffres de France Info, en Île-de-France, on dénombre 2 667 incendies : 212 bâtiments, 934 véhicules et 1 521 feux de poubelles et de mobiliers urbains.

Voici ville par ville les principaux faits connus à retenir de cette troisième nuit, du 29 au 30 juin, dans les départements d’Île-de-France. Il faut noter que cette liste n’est pas exhaustive, et que la plupart des faits listés s’accompagnent des “violences ordinaires” : heurts avec les forces de l’ordre, vols, voitures brûlées, abri bus saccagés, vitrines brisées…

Yvelines (78) :

  • À Mantes-la-Jolie, dans le quartier du Val-Fourré, des feux de véhicules ont servi d’appâts, avant que les pompiers et les policiers ne soient pris pour cible au moment de venir éteindre les incendies. Des scènes extrêmement violentes.
  • À Trappes, la situation a été globalement tendue, entre violences gratuites, combats avec les force de l’ordre, attaques de magasins et de locaux privés. Une situation si terrible que ce vendredi, les grands responsables et représentants religieux de la ville s’unissent pour lancer un « appel à la paix, d’une seule voix ».
  • À Montigny-le-Bretonneux, un magasin Action a été pillé et vandalisé, et d’autres commerces ont été la cible des casseurs. Plusieurs véhicules, dont deux minibus de la mairie, ont été incendiés.
  • À La Verrière, un poste de la police municipale a été attaqué.
Une voiture avec des messages pour demander à ce qu'on ne la brûle pas lors des émeutes du 29 juin 2023.
Des messages pour demander à ce qu’une voiture ne soit pas brûlée lors des émeutes du 29 juin 2023.

Essonne (91) :

  • À Evry-Courcouronnes, le commissariat a été saccagé, tout comme les postes de police municipale de Chilly-Mazarin, Savigny-sur-Orge et Viry-Chatillon. Le centre commercial Évry 2 et le McDonald’s ont été pris pour cible, et le centre des impôts a été incendié. Le magasin Foot Korner a été pillé, avant que le gérant ne se fasse justice lui-même en s’en prenant aux voleurs.
  • À Corbeil-Essonnes, plusieurs commerces (dont une supérette, un Aldi et un tabac) ont été pillés. Le centre des impôts a lui aussi été vandalisé. La caserne des pompiers a été attaquée, et d’après un pompier présent : « Ils étaient cagoulés et armés. Ils voulaient en découdre. »
  • À Savigny-sur-Orge, la mairie a fait l’objet d’un départ de feu.
  • À Draveil, l’école d’arts plastiques a été incendiée.
  • À Montgeron, le centre commercial La Forêt a été saccagé (tout comme des commerces à Juvisy-sur-Orge et à Épinay-sous-Sénart).
  • À Arpajon, c’est le cinéma qui a été ciblé.

Haut-de-Seine (92) :

  • À Nanterre, la nuit a encore été ultra-violente partout, entre les quartiers connus (Pablo Picasso notamment, ou un blindé du Raid et la BRI ont été nécessaires) et les guerrillas urbaines des rues annexes.
  • À Colombes, les émeutiers « ont massacré » le Leclerc des 4 chemins. Un bus a été incendié dans une petite rue étroite.
  • À Asnières, le local Le Cèdre, « un établissement dédié aux familles du quartier » un établissement dédié aux familles du quartier, a été saccagé.

Seine-Saint-Denis (93) : Le département a été massivement la cible de violences et de pillages, et « quasiment toutes les communes » ont été touchées, en particulier les bâtiments publics et les commerces :

  • À Montfermeil, un habitant s’exhibait en pleine rue, cagoulé, avec un fusil de précision de type sniper à la main.
  • À Clichy-sous-Bois, la mairie a été incendiée.
  • À Aulnay-sous-Bois, une vidéo montre un policier au sol lynché par plusieurs hommes.
  • À Noisy-le-Sec, un bus a été incendié en pleine rue. Une concession de motos Yamaha a été pillée.
  • À Sevran, un immense magasin Action a été ouvert, pillé, saccagé et enfin totalement brûlé. Une galerie commerciale a aussi été totalement pillée.
  • À Drancy, un camion volé a servi de bélier afin de pénétrer dans un centre commercial Carrefour.
  • À Aubervilliers, un dépôt de bus a été incendié, 12 bus au moins ont été totalement détruits. Un bâtiment des JO 2024 aurait aussi été incendié en grande partie.
  • À Noisy-le-Grand, un émeutier a tiré au fusil à pompe sur une caméra de vidéosurveillance, en pleine rue.
  • À Saint-Denis, de nombreux pillages et de nombreux incendies dans toute la ville.
  • Au Bourget, des dizaines de véhicules ont été incendiés, dont un camion.
  • À Bobigny, l’agence Pôle emploi et la Poste ont été incendiés.

Val-de-Marne (94) :

  • À Vitry-sur-Seine, une armurerie a été vandalisée et plusieurs armes y ont été dérobées.
  • À Chennevières-sur-Marne, les émeutiers s’en sont pris à un zèbre en pleine rue, sans que l’on sache d’où l’animal était venu.
  • À Villiers-Sur-Marne, un équipe de policiers stationnés sur un rond-point devant l’enseigne d’électroménager Boulanger a été assaillie.

Val d’Oise (95) :

  • À Cergy, un magasin Franprix a été incendié et toutes les autres petites boutiques du quartier ont été saccagées. Le maire de Cergy Jean-Paul Jeandon : « J’ai une pensée pour tous ces commerçants qui devront nettoyer dans l’espoir de rouvrir, pour tous ces propriétaires de voiture. J’ai mal à ma ville. Nous n’avons pas de morts mais des habitants meurtris, apeurés. »
  • À Garges-lès-Gonesse, de nombreux magasins ont été pillés, dont un supermarché Aldi , un opticien, plusieurs tabacs…
  • À Goussainville, la caserne des pompiers a été ciblée. Un poids lourd volé a servi à abattre un mât de caméra de vidéosurveillance, et l’avenue Albert Sarraut a été incendiée. 
  • À Sannois, la mairie a été attaquée.
  • À Villiers-le-Bel, une bijouterie a été dévalisée.
  • À Saint-Gratien, un salon de coiffure a été incendié
  • À Sarcelle, un engin de chantier a été dérobé.

La Seine-et-Marne a vu 50 communes frappés par les violences, du même ordre d’idée que dans les départements précédents.

On relève cependant la violence qui a frappé au Mée-sur-Seine, dans le centre commercial de la Croix blanche a été pillé, saccagé puis incendié. Une habitante témoigne dans Le Parisien : « Ils ont tout cramé. Mais on est où vraiment ? Cette nuit, j’ai dû quitter mon appartement avec mes enfants. Je voyais dehors une cinquantaine de jeunes cagoulés… »

À Paris :

  • Le magasin Nike a été pillé à Chatelet, tout comme la magasin Zara quelques dizaines de mètres plus loin.
  • La célèbre rue de Rivoli a été vandalisée, beaucoup de vitrines de magasins ont été saccagées, et plusieurs magasins pillés.
  • À Barbès, des échanges nouris de tirs de mortiers, et des agressions aléatoires sur les habitants.
  • Des voitures ont aussi été incendiées du côté de Porte de Vanves et de la Cité universitaire, dans le sud de la ville. 

Troisième nuit d’émeutes de juin 2023 : le bilan des principaux faits dans les autres villes de France

En dehors de l’Île-de-France (où se trouve la ville de Nanterre, d’où sont partis les saccages), les chose ont également été extrêmement graves partout en France, plus encore que la veille. Voici une liste partielle des principaux faits à retenir de cette troisième nuit d’émeutes en France :

A Marseille :

  • La plus grande bibliothèque de la ville, l’Alcazar, a été incendiée. Même Elon Musk a été choqué, commentant l’une des vidéos de l’acte en disant : « Brûler des bibliothèques est un sacrilège ».
  • Un bus a été volé puis utilisé comme bélier.
  • Une boutique Orange a été pillée.
  • Le Auchan Supermarché Marseille Saint-Lazare a également été pillé.
  • Au total, d’après le maire de Marseille, Benoît Payan, des dizaines de commerces ont été « abîmés », voire vandalisés et pillés.
  • Bruno Bartocetti, Unité SGP Police Sud, témoigne que ce ne sont que des violences gratuites, éloignées de toutes revendications : « Nous sommes très inquiets et c’est assez imprévisible. On avait 400-500 jeunes dans les rues pour casser, piller. »

Près de Lyon :

  • À Venissieux, un tramway a été incendié, avec des passagers dedans qui ont dû fuir en courant.
  • À Bron, un bus a été incendié.
  • À Villeurbane, une école a été saccagé, alors même qu’une mère du quartier suppliait les émeutiers de laisser l’établissement intact : elle sera lynchée quelques minutes plus tard, au sol. Un peu plus loin, des émeutiers s’en sont pris à des vitrines, et ont tiré avec des mortiers à l’intérieur de plusieurs logements au hasard.
  • A Oyonnax, plusieurs hommes ont tiré en l’air avec des kalashnikov.

Mais aussi :

  • À Lille, la mairie du quartier de Wazmmes a été incendiée. A quelques dizaines de mètres seulement, un jeune cagoulé cassait méthodiquement toutes les vitres qu’il trouvait sur son passage. Une école primaire a été très touchée par les flammes dans le quartier de Moulins, et deux autres établissements scolaires visés.
  • À Roubaix, un bâtiment a partiellement explosé, avant de s’effondrer dans la rue. Un centre d’appel a été aussi détruit par les flammes. Un hôtel B&B situé près de la gare a également pris feu.
  • À Tourcoing, de très nombreux incendies et heurts.
  • À Woippy, le commissariat a été incendié.
  • À Metz, deux établissements scolaires ont été attaqués. Les mairies de quartier de Borny et de Bellecroix ont été incendiées, mais aussi le hall de la « Boîte à musique ».
  • À Maizières-les-Metz, l’appartement d’une famille avec des enfants à pris feu après avoir été la cible de tirs de mortier.
  • À Fameck, en Moselle, la mairie a été saccagée. Interrogé par France Bleu, le maire Michel Liebgott se désole : « Je suis maire depuis 34 ans, je n’ai jamais vu un tel niveau de violence ».
  • À Mont-Saint-Martin, une petite ville de 9000 âmes en Meurthe-et-Moselle, le Raid a dû être déployé face à la violence inouïe.
  • À Vernon, des émeutiers s’en sont pris à un camion de pompier.
  • À Brest, des voitures et du mobilier urbain ont brûlé, des commerces ont vu leurs vitrines brisées avant d’être pillés. Une salle de sport a été totalement brûlée.
  • À Strasbourg, deux établissements scolaires ont subi « des dégradations significatives ». 74 véhicules ont été incendiés au cours de la nuit, alors que 66 avaient déjà brûlés la nuit précédente.
  • À Maromme, près de Rouen, le maire de la commune a été agressé par une dizaine de personnes, après la tentative d’incendie du commissariat dans la nuit. L’élu s’est réfugié dans la mairie, dont toutes les vitres ont été cassées par les agresseurs. Dans la ville, un tir de mortier a mis le feu à un logement.
  • À Nantes, un Lidl a été éventré à la voiture-bélier, avant d’être pillé, dans le quartier de Bellevue. Un restaurant McDonald’s a été pillé également. On relève aussi de très nombreux incendies, et une douzaine d’autres faits.
  • À Nancy, la mairie de quartier du Haut-du-Lièvre est entièrement partie en fumée.
  • À Tours, un magasin Lidl a été saccagé et pillé. D’après la Nouvelle République « Une journaliste de TV Tours qui filmait a été agressée par un groupe d’une quinzaine d’individus masqués. Sa caméra a été arrachée, puis brisée à coup de pavé contre le sol. »
  • À Joué-lès-Tours, dans le quartier de la Rabière, le centre commercial a été incendié. La ligne de tramway a été touchée, et des arrêts « totalement saccagés ».
  • À Amboise, la salle communale a été incendiée.
  • À Annecy, des axes ont été bloqués par des barricades en flamme, notamment dans le quartier des Teppes
  • À Bordeaux, une école maternelle a été incendié. La Caisse d’assurance maladie et une mairie de quartier ont été dégradés, tout comme le centre des impôts de la commune de Cenon, à proximité. Une chauffeuse de bus a été agressée, jetée de son bus, et ce dernier a été en partie incendié. Plus largement, plusieurs bâtiments publics et privés ont été dégradés et de nombreux commerces pillés.
  • À Pessac, près de Bordeaux, le poste de police a été incendié.
  • À Vandoeuvre, près de Nancy, le bureau des finances publiques a été pris pour cible durant la nuit.
  • À Clermont-Ferrand, plusieurs voitures ont été incendiées dans différents quartiers de la ville. 
  • À Rennes, un téléscopique (un genre de tracteur utilisé pour le transport) a été volé, et les voleurs l’ont ensuite utilisé pour faire tomber des lampadaires.
  • À Saint-Germain-lès-Arpajon, une concession Citroën a été entièrement pillé : les émeutiers ont volé tous les véhicules.
  • À Besançon, une équipe de journalistes a été agressé, et l’un deux a reçu des coups de barre à mine dans le crâne (et s’en sort avec une dizaine de points de suture).
  • À Montargis, quatre immeubles ont été détruits par les flammes. On note aussi de violents heurts avec la police. Le député du Loiret Thomas Ménagé a directement témoigné d’une « nuit d’horreur » : « Depuis quelques heures, des centaines de sauvages se déchaînent contre nos forces de l’ordre, pillent et brûlent des dizaines de commerces et véhicules. Des habitants sont évacués de bâtiments en feu. Le commissariat et la mairie ont également été pris pour cible. »
  • À Saint-Pierre-des-Corps, la voiture du maire a été brûlé, devant le maire en question, qui était directement agressé.
  • À Saint-Etienne, le centre-ville a été pillé et ciblé par de nombreux départs de feux.
  • À Toulouse, le sommet d’une grue a été incendiée, mettant en péril tout un quartier de la ville.
  • À Montpellier, le commissariat de la paillade a été incendié.

Une liste non-exhaustive, qui pourrait aussi être allongé avec les villes de Rouen, Mâcon, le Creusot, Chalon-sur-Saône, Nice, Perpignan, Limoges…

On note aussi des faits ayant été filmés sans que l’on sache où ils se sont produits, comme cet homme encerclé dans son véhicule par une quinzaine d’individus, puis extirpé et violemment agressé. Une autre vidéo montre un individu qui a jeté un cocktail molotov au sol, à ses pieds, et qui prend feu instantanément.