Loin de la nomenclature marketing des équipes d’Anne Hidalgo, la réalité est bien différente.
Image en couverture : © Ville de Paris
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Une forêt urbaine, en plein Paris ?
Dans le 20e arrondissement de Paris, à l’Est, les articles promettent aux parisiens une première « forêt urbaine », dont la livraison est prévue pour le printemps 2024 – comme presque tout ce qui doit se faire dans le Paris d’Anne Hidalgo, depuis maintenant trois ans. Voici les visuels officiels du futur espace :



Une « Forêt urbaine » : De « 20 Minutes » au « Bonbon« , en passant par le site ultra-local « Mon petit 20e » et bien sûr dans l’article dédié sur le site de la Ville de Paris, la nomenclature est reprise partout. Même le premier des 32 adjoints à la Maire de Paris, Emmanuel Grégoire (en charge de l’urbanisme, de l’architecture, et du Grand Paris), utilise le terme pour promouvoir le projet sur ses réseaux sociaux :
L’espace vert créé sous le nom de « Forêt urbaine de Charonne » prendra place sur un tronçon de la petite ceinture ferroviaire partiellement à l’abandon, situé entre le n°56 de la rue du Volga et le n°103 du massif Cours de Vincennes, à l’extrémité sud-est du 20ème arrondissement.
Un espace de 3,5 hectares, soit 35 000 m2, qui appartenait auparavant à la SNCF, qui l’a cédé à la municipalité pour 11,5 millions d’euros. La transformation de la friche en forêt se fera sur dix-huit mois, avec le lot de travaux que les parisiens ont désormais l’habitude de voir fleurir partout, et 4,5 millions d’euros d’addition supplémentaire. Un espace qui verra 1000 arbres être plantés en son sein, pour être converti de dépotoir à forêt.
Une forêt urbaine donc, première du nom, issue des voeux de l’ex-candidate malheureuse à la présidentielle 2022. Mais peut-on vraiment parler d’une forêt, si urbaine soient ses contraintes ?
Du concept de parc
La dimension du projet interpelle, en premier lieu. Derrière le ronflant 35 000m2 se cache en réalité une languette, longue mais très fine : entre 20 et 40 mètres de large, du sud au nord, pour environ 650 mètres de long. Il semble que la Mairie, pour parvenir au chiffre avancé de 3,5 hectares de la « Forêt urbaine de Charonne » y additionne l’existant « Jardin de la gare de Charonne« , et ses 15 310 m2, ouvert en 1986.
Il n’est pas clair si les quelques milliers de m2 de l’ancienne gare d’Avron, à quelques mètres de l’extrémité nord du lopin, rue du Volga, sont également inclus dans les calculs de l’équipe d’Anne Hidalgo. En ne comptant que 20 000m2, sans le jardin déjà existant incorporé au projet, et où il faut inclure « une clairière », il ne reste déjà plus beaucoup de place pour cette forêt.
Toujours est-il que l’ensemble sera, en superficie, le trente-septième plus grand parc de Paris, derrière le jardin des Halles (40 000m2) et les tristement célèbres Jardins d’Éole (42 000m2), et en excluant les bois de Boulogne et Vincennes. Le « Jardin de la gare de Charonne » passera devant le Jardin Atlantique, un parc totalement méconnu, même des parisiens, situé au-dessus de la gare Montparnasse, et cerclé de hauts immeubles. Mais dont le rectangle de 34 000m2 donne une vision de la surface finale réelle du projet de Forêt urbaine de Charonne, attendu dans le 20ème.

Sauf que là où la future forêt parisienne du 20ème arrondissement s’étire sur 650 mètres, le Jardin Atlantique de la gare Montparnasse ne se déploie que sur 200 de mètres de long. Une manière simple d’illustrer la finesse extrême du futur espace à 16 millions d’euros. D’autant qu’une partie est, rappelons-le, déjà un parc, pensée avec une architecture en rapport, et mis à la disposition des chalands depuis 36 ans.
Bref, derrière les appellations trompeuses, il semble que la coûteuse première « Forêt urbaine » d’Anne Hidalgo ne sera qu’une promenade arborée. Ce qui est néanmoins un très bon point, dans l’une des villes les plus denses du monde.

