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Une paire de chaussettes rouge vif découverte en Egypte et vieille de 1600 ans semble être le lointain ancêtre des Tabi de la Maison Margiela.

L’ancêtre égyptien des Tabi

La collection du Victoria & Albert Museum compte un surprenant artefact dans son registre : une paire de chaussettes égyptienne rouge, vieille d’environ 16 siècles. Une paire fabriquée entre le IVe et le Ve siècle, et qui a été mise au jour lors de fouilles en Égypte à la fin du XIXe siècle, sur le site Oxyrhynque (à environ cent soixante kilomètres au sud du Caire).

Ces chaussettes ont été fabriquées avec de la laine à trois épaisseurs, avec une technique souvent confondue avec le tricot, qui se nomme « nålbindning« , et qui n’utilisait qu’une seule aiguille (contre deux pour le tricot).

Cette paire de chaussettes découverte en Egypte et produite entre le IVe et le Ve siècle est l’ancêtre le plus lointain connu des tabis japonais et des modèles de la Maison Margiela. / © Victoria and Albert Museum, London

Leur hauteur est de 25,5 cm, pour une longueur de 18 cm. Mais surtout, le bout divisé en deux parties est conçue pour que les chaussettes soient portées avec des sandales.

© Victoria and Albert Museum, London

Le modèle iconique de la Maison Margiela

Une particularité esthétique qui est aujourd’hui très connue pour l’usage que la marque Margiela en fait, avec sa collection de chaussures « Tabi ». Une ligne très populaire depuis le retour de la mode BCBG – Quiet luxury, et la mort du streetwear. Un exemple ? La popularité du #tabi sur Instagram, qui compte 1 182 000 publications.

Margiela décline le concept de chaussure fendue sur tous les classiques : mocassins, bottines, bottes, ballerines, escarpins, babouches et même tongs !

Chaussures Bianchetto « Tabi » avec bride arrière de la Maison Margiela

Sur Ssense, Arabelle Sicardi raconte l’histoire très intéressante des Tabi de Margiela dans un article dédié, et notamment la genèse de la paire :

« Ces bottes tabi sont revêtues par la toute première mannequin Margiela lors du défilé d’inauguration de la marque en 1988. Celle-ci déambule au Café de la Gare de Paris à 4h40 du matin, rubans aux poignets, bottes tabi aux pieds et buste nu. »

Sur son site, la marque Margiela explique aussi que ses chaussures fendues Tabi sont inspirées « de la traditionnelle chaussette japonaise du XVe siècle du même nom », et que celle-ci « incarne l’esprit avant-gardiste et insubordonné de la Maison et constitue un classique intemporel, sans cesse revisité à travers chaque nouvelle collection ».

Dans l’histoire japonaise, les tabis sont portées avec des geta ou des zōri, des chaussures dont la lanière qui passe entre le gros orteil et le second orteil rappelle fortement les tongs modernes… et fait qu’une association tabi + zōri semble une version nipponne et ancestrale du combo claquette + chaussette populaire dans les quartiers défavorisés de Marseille.

Femme habillée en costume de l’ère Shōwa, portant des tabis blanches et une paire de zōri.

La paire de chaussettes égyptienne rouge vif du Victoria & Albert Museum fait en tout cas remonter dans le temps d’un millénaire la forme désormais mythique des Tabi de Margiela.