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Sept décennies après sa création, la marque italienne de lingerie La Perla se bat pour survivre et passer entre les mains de propriétaires engagés et respectueux.

Le Perla en grande difficulté

Aura-t-elle 70 ans ?

La Perla a été fondée en Italie, en 1956, par la corsetière Ada Masotti. C’est ensuite son fils, Alberto Masotti, qui a dirigé l’entreprise jusqu’à ce qu’elle soit vendue à JH Partners, une société d’investissements, en 2007. En 2013, l’entreprise passe dans le giron de l’homme d’affaires Silvio Scaglia, qui la vend ensuite à Sapinda en 2018.

Ces dernières années, la marque de lingerie a cherché à se développer sur de nouveaux marchés pour toucher de nouveaux publics et – en définitive – générer plus de revenu. La lingerie a notamment lancé des produits de beauté en 2019 La Perla Beauty, et créé puis élargi son activité swimwear.

Outre les cosmétiques et les maillots de bain, elle a aussi adressé d’autres canaux de distribution, et était l’une des premières marques à rejoindre « Amazon Luxury Stores ».

Elle a aussi fait un gros pari perdant : investir 50 millions de dollars dans la maison britannique Ralph & Russo, fermée aujourd’hui.

Zendaya portant une création Ralph & Russo.

Des tentatives, des échecs, et une marque finalement lourdement endettée, comme l’expliquait hier WWD :

« La Perla reste lourdement endettée car elle a enregistré des pertes avant impôts de 48,8 millions d’euros sur ses ventes de 69,1 millions d’euros en 2022, selon le rapport annuel de l’entreprise. {…}

En Italie, la marque totalise des dettes fiscales impayées de 2,8 millions de livres. »

L’homme d’affaires allemand Lars Windhorst, derrière Sapinda devenue depuis Tennor, s’était « engagé » sur un financement de 60 à 70 millions d’euros pour relancer la marque. Un engagement « qui n’a jamais été concrétisé » selon le média US.

Le volet judiciaire progresse

Aussi, après des années difficiles, les difficultés financières de La Perla ont maintenant atteint un point critique.

Un tribunal de Bologne a déclaré jeudi 31 janvier « l’état d’insolvabilité » de La Perla, et le juge Michele Atzori a nommé trois commissaires judiciaires chargés de sortir la filiale italienne La Perla Manufacturing Srl (330 salariés en Italie, dont 230 basés sur son site de fabrication de Bologne) de sa situation, actant avec ça la sortie du propriétaire Tennor du capital :

« Dans le cadre de la procédure, après avoir évalué la situation financière de l’entreprise, les commissaires peuvent se prononcer en faveur de la liquidation ou de l’administration judiciaire, cette dernière visant à préserver les emplois et la continuité des activités. »

Il y a quelques jours, une liquidation judiciaire était entamée au Royaume-Uni pour La Perla Global Management UK, la société britannique propriétaire de la marque La Perla et de ses actifs dans le monde. Une procédure également entamée suite à la saisie ordonnée par le tribunal de Bologne à la mi-janvier de la société britannique afin d’empêcher la vente de la marque de lingerie de luxe.

Plusieurs syndicats italiens ont exhorté le Ministère des Entreprises et du Made in Italy à prendre position pour éviter la liquidation de l’entreprise, qui « devrait être gérée par des entrepreneurs soucieux de la relance de cette marque historique. […] Nous réfutons l’idée selon laquelle les seules priorités des liquidateurs anglais seraient les crédits réclamés par les autorités fiscales de Londres. »

Le combat entre Londres et Bologne semble tourner en faveur de la marque, rassurant les salariés. Les effectifs se montrent unis, et très solidaires derrière les couturières, dont une partie a manifesté devant le Parlement européen à Bruxelles, demandant aux membres italiens du Parlement d’intervenir pour sauvegarder leurs emplois, la semaine dernière.

La marque devrait voir les choses progresser dans les prochaines semaines et espère voir sa situation s’améliorer et ses emplois sauvegardés.