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Les chiffres sont mauvais pour Supreme en terme de chiffre d’affaires et de bénéfices, dans un contexte globalement négatif.

Le chiffre d’affaires de Supreme recule

Supreme n’est pas que l’une des marques streetwear parmi les plus connues au monde.

Supreme est aussi depuis fin 2020 un investissement à 2,1 milliards de dollars pour le groupe VF Corporation. Un groupe pas forcément connu pour lui-même, mais dont les marques sont certaines des plus réputés et puissantes dans leurs catégories : The North Face, Timberland, Vans, Napapijri, Eastpak, Dickies…

Un investissement à 10 chiffres d’un groupe puissant sur une marque dont l’image s’écorne pourtant depuis plusieurs années. La hype autour de Supreme n’est plus ce qu’elle était, et l’actuelle tranche des 15 – 25 ans occidentaux a beaucoup moins d’intérêt pour la logo box rouge que leurs ainés.

Conséquence, Supreme acte une baisse importante de son chiffre d’affaires sur son dernier exercice fiscal annuel, achevé en mars 2023. Sur l’année, Supreme a réalisé 523,1 millions de dollars, en baisse de 38,4 millions de dollars par rapport l’année précédente (561,5 millions de dollars). Soit une baisse de 6,8% d’une année sur l’autre. Pourtant, VF Corporation avait fixé comme objectif une croissance du même ordre, pour atteindre les 600 millions de chiffre d’affaires.

Le bénéfice net de Supreme est lui aussi en recul, se montant à 64,8 millions de dollars, nettement en dessous des 82,4 millions de dollars de l’année précédente (-21,3%).

La chute de Supreme

Avant le début de cet exercice fiscale, Supreme (et VF Corporation) avait mis à la tête de la direction créative Tremaine Emory, ancien directeur artistique de la marque Stüssy et figure en vue de la communauté mode du Streetwear, en février 2022. Un créateur aussi apprécié de marques plus institutionnelles, puisqu’il a par exemple travaillé pour Dior fin 2022 sur une ligne de chaussures.

Du côté de VF Corporation, difficile de dire que le groupe ne met pas son poids et ses marques au service de son investissement à 2,1 milliards de dollars nommé Supreme. Des collections mêlants les différentes marques sont régulièrement proposées : Supreme x The North Face, Supreme x Timberland, Supreme x Vans…

Sans parler des multiples partenariats de Supreme avec des grandes marques externes, dont la première d’entre elle est sans doute Nike.

Mais rien n’y fait, ni un nouveau DA, ni de nombreux et prestigieux partenariats ne semblent parvenir à enrayer la chute de Supreme. La montée en puissance d’autres marques concurrentes plébiscitées par la tranche 15 – 25 ans, comme Corteiz, ne risque pas d’arranger les affaires du vieillissant label new yorkais.