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La France produit, l’Allemagne pollue : La stratégie du renouvelable mise en place outre-Rhin se paye en CO2.

La France passe sans encombre le pic de demande grâce au nucléaire

Le 10 janvier 2024, vers 19h, la France avait un pic de consommation d’électricité : environ 83,5 mégawattheures dépensés d’après RTE, comme le montre ce graphique :

Le pic de demande illustrée par le réseau RTE.

Un pic de demande loin d’être problématique : pas de coupure envisagée. Mais la France a quand même joué la carte de la prudence puisque la veille, le mardi 9, la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, était « rallumée ». Une relance planifiée, qui n’avait pas pour but de palier ce pic ponctuel.

Fort heureusement, le charbon – à Saint-Avold ou ailleurs – n’a pas fourni une grande proportion de l’énergie française lors du pic du 10 janvier en début de soirée. Comme le montre ce graphique, c’est le nucléaire qui a alimenté les réseaux électriques français :

Au pic du 10 janvier 2024 19h, la France consommait 85GW, dont 59,6% était produite avec du nucléaire.

Les barrages français et plus globalement le secteur « hydro » ont constitué la deuxième source d’énergie consommée, suivi par le gaz.

Dans le même temps, les émissions de CO2 de la France ont été basses, malgré le pic de demande : 81 grammes de CO2 par kilowattheure (kWh). Et c’est le gaz qui a été le plus gros émetteur :

Au pic du 10 janvier 2024 19h, la France émettait 6,9 kilotonnes de CO2.

Au même moment, l’Allemagne brûle du charbon

Dans le même temps, l’Allemagne avait une consommation électrique massivement plus polluante : 668 grammes de CO2 par kilowattheure (kWh). Soit 8 fois plus que la France (8,24 pour être précis). Et pour cause, c’est le charbon qui alimentait alors principalement la consommation électrique en Allemagne, comme le montre ce graphique :

Au pic (français) du 10 janvier 2024 19h, l’Allemagne consommait 68GW, dont 39% était produite avec du charbon et 23% avec du gaz.

Pire, le gaz suit en deuxième position, et « l’éolien » et les « biomasses » se partagent la troisième place, loin derrière.

Conséquence : les émissions de CO2 s’envolent avec la demande, et le charbon allemand émettait à lui seul 4,5 fois plus que la totalité de la production française. Et ce alors que le pays consommait environ 68GW, soit environ 17GW de moins que la France :

Au pic (français) du 10 janvier 2024 19h, l’Allemagne émettait 46 kilotonnes de CO2.

En quelques mots : lors du pic de consommation du 10 janvier, les français produisait et consommait plus d’énergie, et produisait 6,6 moins de CO2 : environ 46 kilotonnes pour l’Allemagne, contre 6,9 pour la France.

Données : Electricity Maps