La société russe Alrosa a mis au jour un diamant brut massif de presque 80 grammes… mais pourrait avoir du mal à le vendre.
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La société Alrosa a découvert un diamant brut unique de 390,7 carats
Au nord-est de la Russie, dans la très lointaine Sibérie, se trouve la République de Sakha.
Un territoire sensiblement aussi grand que l’Union Européenne, puisqu’il fait environ 3,1 millions de kilomètres carrés contre 4,2 millions de kilomètres carrés pour l’UE (en 2022). Une région aussi connue comme la Iakoutie, et dont la capitale est la ville de Iakoutsk.
Et la Iakoutie est un territoire très riche en diamants, qui produirait aujourd’hui environ 20% de la production mondiale. Un territoire où l’entreprise russe Alrosa est particulièrement actif (et prospère) : L’Express indiquait en 2019 que le géant y exploitait alors onze de ses douze mines actives.
C’est dans une de ces mines, la mine Mayat, que l’entreprise vient d’extraire un diamant brut colossal : une pierre de 390,7 carats précisément, soit environ 78 grammes. Il s’agit même du plus gros diamant mis au jour en Russie sur les dix dernières années.

Dans le communiqué dédié, l’entreprise note que ce diamant trouvé, « un cristal clair de forme irrégulière », est « bordé d’un halo jaune-brun », et que cette « combinaison de masse, de forme et de couleur est unique à ce jour ».
Une pierre unique… et invendable ?
Moins connu du grand public, Alrosa est un géant d’une taille et d’une importance équivalente au géant sud-africain De Beers sur le marché mondial du diamant.
La société russe s’est concentrée ces dernières années sur la taille et la vente de ses plus grosses pierres précieuses aux maisons de ventes internationales, dont la maison Christie’s, filiale de Artémis, la holding contrôlée par l’homme d’affaires français François Pinault (à la tête de Kering).
Mais les sanctions imposées par des pays comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui interdisent désormais l’importation de diamants russes « de qualité gemme », pourraient empêcher la vente de cette pierre unique de 390,7 carats qui vient d’être découverte par Alrosa.
Pour autant, les tentatives visant à arrêter la vente de pierres précieuses russes en Europe se sont heurtées à la résistance de plusieurs pays importateurs occidentaux, dont la Belgique, qui affirment que cela ne ferait que déplacer le commerce ailleurs. Mais il y a de plus en plus de spéculations selon lesquelles le groupe du G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Grande-Bretagne et États-Unis) et l’Union Européenne annonceraient de nouvelles restrictions courant septembre 2023, ou d’ici la fin de l’année.
Les ventes d’Alrosa ont été affectées par les sanctions américaines, mais elles se sont redressées grâce à une réorientation des dizaines de milliers de carats extraits en Iakoutie en direction de l’Asie, principalement vers l’Inde.


