Selon une étude scientifique réalisée autour d’un os découvert en 1985, en Espagne, le chien serait le compagnon de l’homme depuis dix-sept millénaires, faisant reculer les estimations de près de deux mille ans.
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Le chien, fidèle ami de l’homme
D’après le Fichier National I-CAD, qui dépend du Ministère de l’Agriculture, il y avait en France 16,2 millions de chiens et de chats identifiés (de 13 ans et moins) en 2020.

Les chats gagnent irrémédiablement en popularité d’année en année, dans un monde où le logement-moyen tend à rétrécir, et où le confort de son chien est désormais réfléchi en amont de la décision d’adoption.
Si les abandons d’animaux restent toujours à des niveaux inacceptables, le bien-être animal est une notion qui infuse bien dans la population française – à l’exception des chasseurs et de leurs valeurs morales particulières.
Toujours d’après l’I-CAD, la France comptait 9,5 millions de chiens en 2020, soit environ la population française en 1400. Un nombre impressionnant qui est la résultante de millénaires d’évolutions et de relations entre nos deux espèces.
Mais depuis quand le chien est-il domestiqué par l’Homme ?
Il est admis que le chien est la première espèce animale domestiquée par l’Homme. D’après le CNRS, le chien aurait été la conséquence de non pas une, mais de deux domestications géographiquement indépendantes de loups : une première serait survenue en Europe, il y a 15 000 ans environ, et une seconde, en Asie de l’Est, il y a environ 12 500 ans.
Les analyses génétiques faites par des équipes scientifiques montrent que c’est la seconde population qui a fini par prendre le dessus sur la première, en suivant notamment les flux migratoires des humains, de l’Asie vers l’Europe.
Par ailleurs, des résultats paléogénétiques récents montreraient que la période de séparation des lignées loup-chien serait différente de la période de domestication.
Les hommes n’auraient pas domestiqués des loups, mais bien des chiens.
Depuis des millénaires !
Néanmoins, une découverte pourrait repousser nos connaissance sur la domestication européenne du chien de près de deux mille ans.
L’équipe de biologie évolutive humaine de l’Université du Pays basque, dirigée par la professeure Conchi de la Rúa, a réalisé une étude approfondie des restes osseux déterrés en 1985, dans la grotte d’Erralla.
Cette grotte est située dans la région nord-est du Pays basque, à 10 km de la mer Cantabrique et à 460 m d’altitude. Elle possède deux entrées, une à chaque extrémité et fait une longueur de 20 mètres. Les fouilles qui y ont été effectuées ont touché 30 mètres carrés sur les 90 de la grotte.
C’est surtout un humérus de canidé, récupéré sur le site qui fait l’objet de l’étude de l’équipe espagnole. L’os a été déterré dans le niveau Magdalénien inférieur du site, le niveau V sur une échelle de VII.
Un lieu particulièrement intéressant en raison de la qualité exceptionnelle de sa conservation, et de la délimitation des strates successives qui y ont été observées, comme l’explique l’étude :
« Ainsi, l’importance du canidé de ce niveau V réside dans le fait que ce niveau est parfaitement isolé, sans aucun élément des autres niveaux.
C’est-à-dire qu’il a été trouvé entre deux niveaux stériles, montrant l’absence de contamination avec d’autres niveaux culturels. »
Cet os a fait l’objet de très nombreuses études et interprétations au cours des 35 dernières années, donnant lieu à plusieurs hypothèses quant à son âge ou au type d’espèce à laquelle il appartenait.
Pour cette nouvelle analyse, l’équipe a eu recours à une batterie d’analyses morphologiques et génétiques, basés tant sur des techniques modernes que sur nos derniers niveaux de connaissances (génétiques notamment), et à la datation radiocarbone.

Ces analyses ont permis d’identifier génétiquement l’espèce dont est issu cet humérus comme l’espère « Canis lupus familiaris« , le chien domestique.
La datation de l’os faite au carbone 14 (par spectrométrie de masse sur accélérateur de particules) lui donne un âge compris entre 17 410 et 17 096 ans. Ce qui signifie que le chien de la grotte d’Erralla a vécu à l’époque magdalénienne du Paléolithique supérieur, faisant reculer l’âge de la domestication du chien à 17 000 ans.
Grâce aux analyses génétiques, ces résultats écartent une hypothèse précédente, celle d’un dhole (Cuon alpinus), un autre canidé qui existait à cette époque au Pays basque.
Retrouvez l’étude « Le chien domestique qui vivait il y a ∼17 000 ans dans le Magdalénien inférieur du site d’Erralla (Pays basque) : Une analyse radiométrique et génétique » parue dans le Journal of Archaeological Science, sur le site Science Direct.


