L’ESA mandate une entreprise nommée Clearspace pour une première mission de nettoyage spatiale.
Auteur / Autrice :
Nettoyer l’espace ?
Aussi vaste soit l’espace, la zone est d’ores et déjà polluée par l’activité humaine.
Pollué par des débris et des déchets issus d’anciens satellites et d’anciennes fusées, qui représentaient 9 600 tonnes selon FranceInfo, en 2021, pour environ 30 000 « gros » débris, et environ 130 millions de « petits », impossibles à détecter et à suivre du fait de leur petite taille (entre 1 mm et 1 cm).
Mais l’espace est aussi indirectement pollué par l’activité directe des milliers de satellites actifs actuellement en orbite autour de la planète bleue. Dont certains produisent aussi une pollution lumineuse qui touche les êtres vivants sur Terre, comme la colonne de satellites SpaceX observée dans le ciel français il y a quelques jours.
Une pollution qui ne va pas aller en s’atténuant, puisque SpaceX – encore – a obtenu fin 2022 un feu vert de l’administration américaine pour placer encore 7500 satellites supplémentaires en orbite.
Mais loin des considérations écologiques, ce sont les considérations pratiques qui inquiètent le plus les administrations en charges de ces sujets : Plus de déchets, c’est plus de risques pour les satellites encore en fonctions, et de plus en plus de risque pour les astronautes. Car ces débris spatiaux évoluent à plusieurs milliers de km/h, rendant toute collision potentielle apocalyptique.
Alors, les agences spatiales majeures réfléchissent et travaillent à aller « dépolluer » l’espace, en nettoyant les débris et déchets. Parmi elles, l’Agence Spatiale Européenne, l’ESA. Depuis plusieurs années, l’ESA avance avec une entreprise nommée Clearspace pour réaliser une première mission, en 2026.
Le projet de Clearspace
Clearspace est une entreprise suisse, basée près de Lausanne, créée début 2018, il y a maintenant cinq ans.
La société développe un robot « nettoyeur d’orbite » présenté comme révolutionnaire, conçu pour aller nettoyer l’espace : des débris principaux des fusées abandonnées, aux satellites en panne, en passant par les pièces. Aujourd’hui, Clearspace compte une centaine de salariés.
Et en 2026, huit ans après sa création, Clearspace va réaliser sa toute première mission, baptisée Clearspace-1.
Pour le compte de l’ESA, Clearspace-1 a pour but d’aller s’arrimer à un important débris de 112 kilos, issu d’une ancienne fusée européenne nommée Vespa, puis de le « désorbiter » : le ramener en toute sécurité dans l’atmosphère.
La pièce est située sur une orbite oscillant entre 660 et 800 km de la Terre. Dans ce but, la startup suisse a conçu un robot muni de quatre bras mécaniques, visible dans la vidéo de présentation proposée par Clearspace :
Le robot de Clearspace aborde le débris, s’en saisit avec ses autre bras, puis s’oriente ensuite en direction de la Terre pour désintégrer le débris dans l’atmosphère.
Le 21 février, l’ESA a validé la phase 1 du programme, concernant l’ensemble du design de la plateforme. Une mission dotée d’un budget de 110 millions d’euros. Mais le lancement de la mission n’est pour l’instant prévu qu’en 2026.


