La startup Lonestar avance vers la réalisation du premier datacenter lunaire, avec une première levée de fonds.
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Des datacenters sur la Lune ?
Avec la digitalisation du monde et de nos activités, les datas ont pris une place centrale. Dans la vie des administrations publiques, qui s’en servent au quotidien pour gérer les budgets ou les infrastructures par exemple, et dans la vie des entreprises, qui travaillent de plus en plus dans une optique ‘data-oriented’ : quels moyens donnent quels résultats, et comment faire mieux en sachant ces données ?
Mais les datas sont aussi devenues clefs dans la vie des utilisateurs basiques, des humains, de vous, de moi. Qu’il s’agisse de suivre son poids, son nombre de pas, ses heures passées à construire un abri sur Fallout Shelter, ses likes sur TikTok, sa glycémie, ses calories, ses KPI….
Tous les jours, la plupart d’entre nous consultons et suivons nos datas personnelles, sur nos différents appareils (smartphone, ordinateur, montre connectée…).
Et ces données sont stockées désormais non plus dans des armoires de serveur ‘à la papa’ dans la cave des entreprises, mais dans des datacenters à la pointe de la technologie, ayant des niveaux de sécurisation très (très) élevés.
Seulement, aussi protégés, sécurisés et connectés soient ces datacenters, ils ne sont pas à l’abris des grandes catastrophes : gigantesque tremblement de terre, tsunami, attentat, guerre, il existe une grande variété d’options destructrices pouvant mettre en péril les données stockées.
C’est pourquoi la startup américaine Lonestar veut aller construire des datacenters directement sur la Lune, à l’abri de la plupart des risques terrestres. Chris Stott, le fondateur de Lonestar, expliquait sa vision l’année dernière :
« Les données sont la plus grande monnaie créée par la race humaine. Nous en dépendons pour presque tout ce que nous faisons et il est trop important pour nous en tant qu’espèce pour le stocker dans la biosphère toujours plus fragile de la Terre. Le plus grand satellite de la Terre, notre Lune, représente l’endroit idéal pour stocker en toute sécurité notre avenir. »
Lonestar lève 5 millions et avance vers cet objectif
Lonestar avait déjà réalisé un premier test à bord de l’ISS (la station spatiale internationale), en décembre 2021, en collaboration avec les entreprises Canonical et Redwire
On apprenait le 19 avril 2022, via un communiqué de presse dédié, que l’entreprise avait contractualisé avec Intuitive Machines et Skycorp pour le lancement d’une série de datacenters sur la Lune, et avait signé un contrat pour « ses deux premières missions sur la surface lunaire » et « pour la construction du premier centre de données sur la Lune ».
Concrètement, Lonestar va aller effectuer une série de tests techniques « avancés », via la mission IM-1 d’Intuitive Machines, qui se posera près des célèbres collines Marius dans la zone ‘Océan des Tempêtes’ (Oceanus Procellarum).
Puis Lonestar passera pas l’IM-2 d’Intuitive Machine pour envoyer sa « première charge utile complète de services de données » vers le pôle lunaire. Un premier datacenter lunaire plutôt modeste : 16 téraoctets, compacté dans un bloc d’environ 1 kilogramme.
Un premier test qui utilisera la batterie de son atterrisseur lunaire, même si l’ambition de Lonestar est évidemment de mettre au point des datacenters autonomes à 100%, et énergétiquement parlant aussi.
Pour avancer vers ces premiers tests, et développer les technologies nécessaires à réaliser cet ambitieux objectif de créer de vrais datacenters viables, et fonctionnels, sur la Lune, Lonestar vient de boucler une levée de fonds de 5 millions de dollars. L’annonce a été faite via un communiqué publié le lundi 6 mars 2023.
Mené par Scout Ventures, les investisseurs sont Seldor Capital, Irongate Capital, 2 Future Holding, Atypical Ventures, The Veteran Fund et KittyHawk Ventures.
D’ailleurs, Brad Harrison, fondateur et associé directeur de Scout Ventures, explique partager la vision de Lonestar : « Nous pensons que l’expansion de l’économie mondiale pour englober la Lune, qui se trouve être le satellite le plus stable de la Terre, est le prochain espace blanc de la nouvelle économie de l’espace. »
Chris Stott a aussi commenté cette belle levée de fonds : « Nous sommes ravis d’avoir réussi ce tour de table et sommes sincèrement reconnaissants du soutien et de la vision de nos investisseurs. »
Pour l’instant, le lancement de « IM-1 » dans un module « Nova-C Lander » est prévu en juin 2023, via un vaisseau SpaceX Falcon 9, depuis Cap Canaveral, d’après la NASA.


