__


Approuvé par le département américain de l’Agriculture, le premier vaccin au monde à destination des abeilles doit les sauver d’une bactérie, à défaut de les sauver des pesticides.

Les abeilles en voie d’extinction aux Etats-Unis

Il existe une maxime très célèbre, qui est attribué au scientifique allemand Albert Einstein, et qui dit : « Si les abeilles disparaissent de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

Sauf que, non, le génie n’a jamais prononcé ces mots, ni ne les a même seulement écrit, selon Roni Grosz, directeur des Archives Albert Einstein, une base mémorielle dédiée qui compile 82 000 documents signés de la main du prix Nobel de physique 1921, d’après France Info.
D’ailleurs, d’après le documentaliste : « Il n’y a pas d’indications qu’Einstein se soit soucié des abeilles, à aucun moment de sa vie. »

Néanmoins, un consensus scientifique convient que les abeilles ont un rôle de premier plan dans le fonctionnement reproductif de la vie végétale, et que leur apport direct est particulièrement crucial. Aux Etats-Unis, le rôle des abeilles dans un nombre très important de variétés est telle que les ruches sont régulièrement transportées par camion à travers le pays.

Car de l’autre côté de l’Atlantique, aux USA, les abeilles sont frappées de plein fouet par plusieurs maux très inquiétants, qui déciment leurs populations. Et si le premier d’entre eux est bien sûr l’agressive industrie chimique, dont les pesticides tuent directement des centaines de millions d’abeilles, un autre problème d’ampleur a amené les scientifiques à avancer vers une grande innovation médicale : Le premier vaccin au monde destiné aux abeilles !

Un vaccin pour les abeilles

Un vaccin qui vient d’être validé par le département américain de l’Agriculture (USDA), qui a accordé à l’entreprise « Dalan Animal Health » une licence conditionnelle, d’une durée de deux ans. Dalan Animal Health est une société de biotechnologie (ou « biotech ») américaine.

La maladie dont ce vaccin doit prévenir les abeilles est la « Paenibacillus larvae », aussi connue sous le nom de loque américaine, une bactérie sporulante qui s’attaque au couvain où sont logées les larves dans une colonie.
Une affection facilement observable par les apiculteurs, qui peuvent la reconnaître « car cela réduit les larves en une glu brune ayant une puanteur rance » selon Keith Delaplane, entomologiste à l’Université de Géorgie, citée par le Guardian dans un article sur ce vaccin.

Aux Etats-Unis, cette bactérie affecterait jusqu’à 25% des ruches de certaines régions, sans qu’il n’existe aucun médicament, obligeant les apiculteurs à brûler leurs colonies, dans un abominable massacre.

Le vaccin est donc un espoir majeur pour la survie des abeilles. Pour l’inoculer, la Dalan Animal Health a mis au point un mode d’administration innovant : Il agit en incorporant certaines des bactéries de la « Paenibacillus larvae » dans la gelée royale que donne les abeilles ouvrières à la reine, qui l’ingère, et développe alors une partie du vaccin dans ses ovaires. 
Les larves d’abeilles en développement, issues d’oeufs fraichement éclos, sont alors immunisées contre la loque américaine. Il serait même possible de pousser le process pour élever des reines spéciales, vaccinées, et prêtes à développer des colonies saines.

Annette Kleiser, directrice générale de l’entreprise, se montre très enthousiaste sur le potentiel de leur vaccin, alors que la mise sur le marché devrait apporter une solution immédiate pour des centaines d’apiculteurs et des millions de ruches :

« Notre vaccin est une percée dans la protection des abeilles. Nous sommes prêts à changer la façon dont nous prenons soin des insectes, ce qui aura un impact sur la production alimentaire à l’échelle mondiale. »

Un vaccin prometteur, qui pourrait donc éviter des drames dans le monde animal, et participer à la continuité du modèle alimentaire américain, et mondial.