La technologie de Metareef veut réduire l’érosion côtière et atténuer l’impact de la montée des eaux.
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Le problème de l’érosion des côtes
Alors que partout dans le monde fondent les glaciers millénaires qui stockent des quantités d’eau si importantes qu’on ne sait pas précisément les estimer, la montée des mers et des océans devient un problème urgent pour l’humanité.
D’après les Nations Unis, les glaciers fondent de 58 milliards de tonnes de glace chaque année, soit l’équivalent du volume d’eau utilisé par la France et l’Espagne tous les ans.
Et de manière concrète, les premières zones impactées par la montée des océans sont les côtes, ces frontières entre la terre et la mer, qui sont frappées inlassablement par l’énergie puissante des vagues.
À une échelle plus large, 40% de la population mondiale actuelle vit à moins de 100 km des côtes, et la densité de population dans ces régions est presque trois fois supérieure à celle des zones intérieures.
Et l’érosion qui découle de ces vagues plus hautes, frappant les côtes, est un phénomène qui pourrait potentiellement être atténué en partie. C’est en tout cas le pari de MetaReef, un projet porté par L’université de Turin. MetaReef explique :
« Les côtes font partie des zones les plus vulnérables de notre planète. Ils sont sensibles aux menaces humaines et naturelles. Ils sont soumis à des phénomènes perturbateurs, par exemple l’érosion côtière et les inondations, qui peuvent être causés par des processus liés au changement climatique, comme l’élévation du niveau de la mer.
L’augmentation de la hauteur moyenne des vagues et de la fréquence des tempêtes de vagues implique une augmentation des processus de transport des sédiments, entraînant une érosion côtière plus intense. »
Pour l’instant, la solution la plus commune pour réduire l’impact des vagues sur les littoraux consiste à installer des barrières de gros rochers. Une solution partielle, qui crée des problèmes environnementaux (flux de sédiments contraints, crevasses artificielles, stagnation de la pollution…).
Le système de MetaReef pour atténuer l’énergie des vagues
MetaReef est un système conçu pour absorber l’énergie des vagues, afin d’atténuer l’érosion côtière. Il est composé d’une suite de cylindres en PVC, un matériau moins dense que l’eau, ancrés au fond marin et maintenus complètement immergés.
Une première étude de test a été menée dans un bassin en forme de canal de 55 m de long, de 0,6 m de large et de 1 m de profondeur, avec onze cylindres. Tous ont un diamètre de 82 mm et épaisseur de paroi de 3 mm, et sont remplis d’air de manière à être beaucoup moins denses que l’eau, et imperméabilisés avec du polyéthylène.
Un câble en acier ancre ensuite chaque cylindre avec juste assez de tension pour les maintenir en place sous l’eau, tout en étant également capable de se balancer d’avant en arrière en fonction de la force et de la direction des courants.
Mais le diable étant dans les détails, c’est à la fois la taille des cylindres, leur espacement, leur nombre, et un lien entre ces données, qui donnent un phénomène positif d’atténuation de l’énergie des vagues. Le maillage est un point central du process. Avec un système au point, MetaReef dit avoir réduit l’amplitude des vagues jusqu’à 80 %.
Dans une publication plus poussée sur le sujet, MetaReef met en avant des données poussées et explique ses méthodes de calcul.
Même s’il reste encore de longues recherches à faire pour pousser les tests de ce dispositif avant d’envisager un usage réel, les chercheurs mettent en avant qu’il serait simple à produire et à déployer.
La production et le déploiement pourraient être effectués sans investissement technologique particulier par les sociétés d’ingénierie maritime classiques. Metareef dit aussi que ce système ne serait pas très onéreux à mettre en place.
La solution de MetaReef est aussi une solution qui n’a aucune impact visuel : les flotteurs sont maintenus sous la surface de l’eau. Et elle ne bride aucune circulation, permettant aux espèces marines et aux flux naturels (eaux, sédiments…) de perdurer, sans aucun impact.
Un beau projet, qui travaille sur un axe rarement abordé lorsqu’il est question d’anticiper les impacts du réchauffement climatique.


