Des scientifiques ont réussi à transplanter le foie d’un porc génétiquement modifié sur un patient, sans rejet. Une percée qui ouvre une nouvelle voie médicale.
Auteur / Autrice :
Faire progresser la recherche sur la transplantation d’organes
Depuis un siècle, la transplantation d’organes a fortement progressé, améliorant de décennies en décennies les chances de succès et les espoirs que l’on pouvait y fixer. Une progression qui s’est faite en même temps que la médecine moderne, et plus largement que la progression des Sciences.
Cependant, l’un des problèmes principaux des transplantations d’organes reste encore et toujours la dépendance aux donneurs. Chaque jour, partout dans le monde, on manque d’organes, et des vies ne peuvent pas être sauvées faute de donneurs. D’autant que bien souvent, malheureusement, le donneur est d’abord un humain mourant ou décédé, ce qui complique encore la tâche.
Certains organes en particulier sont très critiques, comme le foie. Les maladies liées au foie provoquent plus de deux millions de décès chaque année dans le monde. Rien qu’en Chine, jusqu’à 500 000 personnes sont confrontées chaque année à une insuffisance hépatique, et des centaines de millions de chinois pourraient avoir besoin de soins plus ou moins poussés sur cet organe dans les prochaines années.
Aussi les scientifiques cherchent de multiples manières de pallier le manque d’organes, et développent de nouvelles méthodes parfois surprenantes. On a appris cette semaine qu’un foie de porc génétiquement modifié a été greffé avec succès sur un humain !
Un foie de porc génétiquement modifié greffé avec succès sur un humain
Des médecins de l’hôpital de Xijing, lié à l’Université de médecine militaire de l’armée de l’air de Xi’an (province du Shaanxi), ont annoncé la première transplantation réussie au monde d’un foie de porc modifié génétiquement chez un receveur humain. L’opération chirurgicale a duré en tout 9 heures.
Il s’agissait d’un foie de porc génétiquement modifié pour éliminer plusieurs gènes associés au rejet d’organe, optimisant ainsi les facteurs de succès de l’opération en réduisant les risques liés au système immunitaire du receveur : un sujet crucial.
Il est aussi important de préciser que cette greffe a été réalisée sur un patient en état de mort cérébrale. Et dans une publication narrant cet exploit relatée par China Daily, les scientifiques affirment que le patient ne présentait aucun signe de rejet de l’organe, 96 heures après l’opération. Le foie a commencé à sécréter de la bile après le rétablissement du flux sanguin.
Ce succès continue d’ouvrir la voie vers l’utilisation d’organes de porc génétiquement modifiés, développant une alternative très prometteuse au don d’organes conventionnels.
Cependant, si les organes de porc présentent un grand potentiel en tant que substituts aux organes humains, ils restent assez complexes en termes de structure et de fonction. Ce qui limite (pour le moment) leur capacité à remplacer entièrement les organes humains.
Il y aussi le sujet des préoccupations éthiques quant à l’élevage d’animaux destinés uniquement à réaliser un don d’organe, et la transmission potentielle d’agents pathogènes des animaux vers les humains.
Dans un registre similaire, des chercheurs américains ont réussi plusieurs fois à transplanter des reins et des cœurs de porc modifiés génétiquement chez des patients humains (en bonne santé et en état de mort cérébrale).


