Une découverte qui nous force à repenser la manière dont nos ancêtres vivaient et évoluaient il y a un demi million d’années : loin de l’image du primate nomade, les premiers hommes savaient construire des structures pérennes il y a 476 000 ans.
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Une structure en bois vieille d’un demi million d’années découverte en Zambie
Une équipe de chercheurs de l’Université de Liverpool et de l’Université d’Aberystwyth a fait une découverte extraordinaire, qui repousse nos connaissances sur nos ancêtres et leur mode de vie de plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’années.
Une découverte publiée dans la revue Nature par les chercheurs.
Sur le site de Kalambo Falls, à la frontière de la Zambie et de la Tanzanie, près du lac Tanganyika, des morceaux de bois d’apparence anodine ont été exhumés : « deux rondins imbriqués reliés transversalement par une encoche intentionnellement coupée » : avec une bûche « de 141,3 cm de long × 25,6 cm, avec des extrémités effilées en trois parties », qui repose « sur un tronc d’arbre plus grand à un angle de 75° ».

Sur ces morceaux de bois, les chercheurs ont relevé des marques et des incisions qui indiquent ces bouts de bois ont non seulement été travaillés, mais en plus qu’ils ont été pensé pour être utilisé ensemble « pour être façonné et assemblé pour former une structure » :
« La zone de chevauchement est une encoche en forme de U de 13,2 cm de long sur 11,4 cm de large, transversale au grand axe. Le tronc sous-jacent, également modifié, et laissé en place, passe par l’échancrure ».
Des pièces qui auraient pu servir soit comme base d’une plate-forme ou d’une habitation.

Ce qui est encore plus impressionnant, c’est l’âge réel de ces morceaux de bois : environ 500 000 ans. Un demi-million d’années. Pour être précis, les morceaux de bois auraient au moins 476 000 ans.
Pour comparer, les chercheurs précisent que « Les outils en bois pour la recherche de nourriture et la chasse apparaissent il y a 400 000 en Europe ».
Les experts de l’Université d’Aberystwyth ont utilisé des techniques ultra modernes de datation par luminescence pour dater les morceaux découverts. Cette méthode se sert à des minéraux présents dans le sable autour des éléments découverts pour voir à quel moment ils ont été exposés pour la dernière fois aux rayons du soleil.
Le professeur Geoff Duller, de l’Université d’Aberystwyth, a expliqué que, étant donné l’âge extraordinaire de ces artefacts, leur attribuer des dates précises représentait un défi hors norme.
L’humain, intelligent et sédentaire des milliers d’années plus tôt qu’on ne le croyait ?
Il s’agit de la preuve la plus ancienne de l’utilisation intentionnelle par des êtres humains d’éléments en bois pour concevoir quelque chose de structurel. Avant cette découverte, les seules utilisations connues du bois par des humains étaient pour faire du feu, ou mettre au point des bâtons et des lances.
Cependant, il est extrêmement rare que des éléments en bois aient parvenu à franchir les millénaires pour parvenir jusqu’à notre époque. Sur le site archéologique de Kalambo Falls, ces sont les niveaux d’eau élevés qui ont préservé le bois dans le sol pendant un demi-million d’années.
Le professeur Larry Barham, qui dirige le projet de recherche « Deep Roots of Humanity » au département d’archéologie, de lettres classiques et d’égyptologie de l’université de Liverpool, voit dans cette découverte la remise en question de la vision que nous avions concernant nos lointains ancêtres.
Il a souligné l’importance d’aller au-delà de la classification conventionnelle de « l’âge de pierre » et de prendre conscience de ce que veulent dire ces réalisations venues du fond des âges.
Selon le professeur Barham, la capacité des êtres vivants à cette époque de transformer leur environnement pour améliorer leur vie quotidienne souligne les grandes similitudes entre ces êtres et les humains modernes.
Plus largement, cette découverte remet en question l’opinion communément admise selon laquelle les humains de l’âge de pierre étaient des nomades. Aux chutes de Kalambo, ces humains disposaient d’une source constante d’eau douce et de nourriture provenant de la forêt. Ils pouvaient ainsi s’installer dans la durée…
Et, peut-être, construire des structures pérennes, voire des logements.


