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Ce vaccin de Johnson & Johnson, le seul à un stade de test avancé, s’est avéré inefficace pour prévenir de l’infection du VIH, responsable du Sida.

Un vaccin conte le VIH

L’entreprise Johnson & Johnson était il y a quelques mois dans le top 10 des plus grandes entreprises du monde en terme de capitalisation boursière, et a depuis glissé de quelques places, au point de voir peut-être LVMH la dépasser dans les prochaines semaines.

Sans traiter des raisons qui expliquent cette baisse, une nouvelle négative arrive en provenance du laboratoire, et d’une de ses filiales en particulier, Janssen, via un communiqué de presse : L’entreprise annonce avoir interrompu les essais de phase 3 de son vaccin expérimental Mosaico contre le VIH (Virus de l’immunodéficience humaine), responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (sida).

Depuis sa découverte, au tout début des années 80, le virus est devenu l’un des plus redoutables qu’ait connu l’humanité, et est directement responsable de millions de morts, en Afrique notamment.

Depuis quarante ans, la science et les laboratoires pharmaceutiques travaillent activement à lui trouver un vaccin, et un ou plusieurs remèdes, pour l’instant sans succès. Ce vaccin avorté de Johnson et Johnson rejoint la longue liste des vaccins qui ont été testés par le passé, mais n’ont pas réussi à générer une réponse immunitaire suffisante pour prévenir une infection par le virus. 

Concrètement, le candidat à l’essai chez Janssen utilisait une large variété de différents sous-types de VIH, présentés au système immunitaire des patients via un vecteur appelé « adénovirus de sérotype 26 » (Ad26.Mos4.HIV). Les différents sous-types utilisés étaient administrés au groupe test en quatre fois, sur une période de un an.

Un mélange de protéines « gp-140 », un composant de l’enveloppe virale jouant un rôle clef dans l’interaction du virus avec les cellules hôtes, était aussi inoculé lors des phases trois et quatre, via du phosphate d’aluminium, servant d’adjuvant pour augmenter la réponse immunitaire contre l’infection.

La tentative avortée de Johnson & Johnson

L’essai avait débuté en 2019, et portait sur environ « 3 900 hommes cisgenres et personnes transgenres ayant des rapports sexuels avec des hommes cisgenres et/ou des personnes transgenres », qui « représentent des groupes et des populations vulnérables au VIH, dans plus de 50 sites d’essai en Argentine, au Brésil, en Italie, au Mexique, au Pérou, en Pologne, à Porto Rico, en Espagne et aux États-Unis », d’après Janssen et Johnson & Johnson.

L’analyse des essais de Mosaico, basée sur les données récoltées et traitées, a indiqué que ce protocole ne protège pas contre le VIH, et que l’étude ne devrait en conséquence pas atteindre son critère d’évaluation principal. Aussi, l’étude et la phase d’essai sont interrompus, même si d’autres analyses suivront autour de ces résultats.

La décision du DSMB (comité de surveillance et de suivi en charge du dossier) fait aussi suite à l’analyse primaire de l’étude de phase 2b « Imbokodo », qui avait été annoncée en août 2021, et qui avait déjà révélé qu’un schéma vaccinal expérimental similaire contre le VIH n’avait pas fourni une protection suffisante contre le virus, dans un groupe test de jeunes femmes d’Afrique subsaharienne.

Penny Heaton, responsable Monde du domaine thérapeutique des vaccins, au sein de « Janssen Research & Development », a déclaré dans le communiqué de presse :

« Nous sommes déçus de ce résultat et nous sommes solidaires des personnes et des communautés vulnérables et affectées par le VIH.

Bien que des progrès considérables aient été réalisés en matière de prévention depuis le début de l’épidémie mondiale, 1,5 million de personnes ont contracté le VIH au cours de la seule année 2021, ce qui souligne le besoin élevé et non satisfait de nouvelles options et explique pourquoi nous nous efforçons depuis longtemps de relever ce défi sanitaire mondial.

Nous restons déterminés à faire progresser l’innovation dans le domaine du VIH, et nous espérons que les données de Mosaico fourniront des indications pour les efforts futurs de développement d’un vaccin sûr et efficace. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires de Mosaico ainsi qu’aux investigateurs, au personnel et aux participants de l’étude. »

Une déception forcément forte, mais qui ne doit pas pour autant être perçue comme un abandon face à ce virus : la recherche publique et privée travaille toujours activement, partout dans le monde, à trouver des thérapies pour cette pathologie.