__


Qui est Sam Altman, l’entrepreneur à succès aux investissements multiples derrière OpenAI.

Dans le courant du mois de mars 2023, WorldCoin détaillait ses ambitions pour le projet World ID, visant à permettre aux femmes et aux hommes de s’identifier comme étant bien des humains, dans un monde rempli d’intelligences artificielles aux capacités incontrôlées. Un projet derrière lequel on retrouve Sam Altman, un homme que le succès de ChatGPT a mis soudainement sur le devant de la scène au niveau mondial.

Mais Sam Altman est un nom que le monde américain des start-up connait très bien depuis bientôt vingt ans, et que le succès de OpenAI – et ses conséquences sur des centaines de millions de personne – amène à être médiatisé plus encore dans les prochaines années.

Mais qui est Sam Altman ? Portrait du co-fondateur de OpenAI.

Le parcours de Sam Altman

De Chicago aux millions de Loopt

Sam Altman est né en 1985, à Chicago (Illinois) dans le nord des Etats-Unis. Il a ensuite passé plusieurs années à Saint-Louis, dans le Missouri, où son enfance et son éducation sont en partie façonnées par une forte curiosité pour la technologie. Il a d’ailleurs eu son premier ordinateur à 8 ans, au début des années 90. Internet n’en est alors qu’à ses balbutiements, le premier site internet datant de 1991.

Sam Altman a fréquenté la « John Burroughs School », une prestigieuse école privée de la région de Saint-Louis. Après y avoir obtenu son diplôme, Altman s’est inscrit à l’Université de Stanford, pour un cursus en informatique.

Pourtant, il n’a pas terminé ses études à Stanford, et les abandonne en 2005 pour fonder « Loopt », une réseau social basé sur la géolocalisation, qu’il lance grâce au financement qu’il a obtenu en faisant partie des huit premières start-ups de « Y Combinator », la célèbre entreprise de financement de jeune pousse lancée en 2005. Altman restera le CEO de Loopt jusqu’à ce que la société soit acquise par « Green Dot Corporation », pour 43,4 millions de dollars, en 2012. Il a alors 29 ans.

Mais lancer Loopt alors qu’il était encore à Stanford n’était que le début d’un parcours remarquable, qui l’a plus largement conduit à se faire connaître dans les domaine de la ‘tech’ comme de l’entrepreneuriat.

Y Combinator et Hydrazine Capital

Après l’acquisition de Loopt par Green Dot Corporation, Sam continue de son chemin dans l’écosystème des startups. En 2012, il s’est associé avec son frère, Jack Altman, pour créer « Hydrazine Capital », une société de capital-risque pour les jeunes start-up en lancement. Une société qui s’est concentrée sur l’investissement dans certains secteurs, comme les sciences, l’éducation, le Big Data, la santé, mais aussi l’alimentation, les market places, les réseaux grand public, les logiciels B2B et l’IoT.

A ce moment-là, Altman fait déjà parti de « Y Combinator », qu’il a rejoint en 2011 en tant que « Partner » à temps partiel. Puis en 2014, Sam Altman est nommé président de cet incubateur, succédant à son co-fondateur Paul Graham, un ancien de Harvard. Sous la direction d’Altman, l’accélérateur a continué à prospérer, favorisant la croissance de nombreuses start-ups et consolidant sa réputation de « moteur de l’industrie technologique ».

En 2016, Altman devient le président du groupe « YC », une structure qui englobe Y Combinator et ses filiales, y compris le fond destiné à la phase de croissance « YC Continuity », et « YC Research », un laboratoire de recherche à but non lucratif partiellement financé par un don de 10 millions de dollars d’Altman. Sam Altman démissionne finalement de son poste de président du groupe YC en 2019. Il passe un temps par le conseil d’administration, puis début 2020, il n’est plus associé avec YC, marquant la fin d’une période de quinze ans.

OpenAI

Sam Altman a cofondé OpenAI en 2015 avec un groupe d’entrepreneurs et de chercheurs technologiques renommés, parmi lesquels figuraient le médiatique Elon Musk, mais aussi Vicki Cheung, Greg Brockman, Andrej Karpathy, Pamela Vagata, Ilya Sutskever, Trevor Blackwell, John Schulman, Durk Kingma et Wojciech Zaremba.

OpenAI est une importante organisation de recherche dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Sa mission principale est de veiller à ce que le développement de l’intelligence artificielle générale (AGI) profite à l’ensemble de l’humanité. La déclaration de mission de l’OpenAI souligne son engagement à créer des systèmes hautement autonomes, « pour s’assurer que l’intelligence générale artificielle – des systèmes hautement autonomes qui surpassent les humains dans les tâches les plus économiquement utiles – profite à l’ensemble de l’humanité ».

Le projet WorldCoin

WorldCoin est un projet co-fondé par Sam Altman en 2020, dans le but de créer une « crypto-monnaie mondiale » qui pourrait être distribuée de manière équitable à tout le monde. et plus largement, la mission de l’entreprise est de créer un identifiant mondial (World ID), une monnaie mondiale et une application permettant de payer, d’acheter et de transférer en utilisant son propre jeton.

Beaucoup d’investissements, de prix et de reconnaissances

Sam Altman a occupé des postes au conseil d’administration des sociétés énergétiques « Helion Energy », « UPower » et « Oklo ».

En dehors de ce qu’il a fait avec « Y Combinator », Sam a également été un investisseur actif, soutenant une très grande variété de startups : Airbnb, Instacart, Reddit, Asana, Pinterest, Clever, Kami, Optimizely, TrueNorth,, Stripe, Teespring, Zenefits, FarmLogs, Alt, Helion Energy, BRINC, TrialSpark, Roboflow, Wave Mobile Money, Rescale, Humane, Coco, LeadGenius, Soylent et Wevorce.

Altman a également investi en tant que « Partner » dans des sociétés telles que Beacon AI, Cadoo, Apollo Projects, Titan, Boom Supersonic, Rescale, Reddit, Lob, Change.org, Fibo et Quora.

Des investissements qui lui ont aussi permis de faire de beaux « exit » – des reventes. Parmi les plus importantes, on trouve Virool, URX, Swiftype, Quill, PlanGrid, Oyster, Optimizely, Nervana, Kimono Labs et Exec.

En 2014, l’homme est même devenu le PDG de Reddit pendant huit jours après la démission du précédent PDG.

D’une manière générale, son sens aigu des projets prometteurs et son soutien indéfectible aux idées novatrices ont contribué à la croissance et au succès d’un très large spectre d’entreprises dans des secteurs variés.

Une réussite qui lui confère une aura positive dans les affaires, mais qui se matérialise aussi par des prix : En 2008, le magazine Businessweek a désigné Altman comme l’un des « Top Young Tech Entrepreneurs ». Le magazine Forbes l’a désigné comme « leading investor under 30 » en 2015. Paul Graham l’a cité parmi les cinq fondateurs de start-up « les plus captivants » de la période 1979 – 2009.

Sam Altman a même reçu un titre de « honorary Doctor of Engineering degree » de l’Université de Waterloo en 2017, en reconnaissance du travail de soutien aux entreprises de son programme d’entrepreneuriat « Velocity ».

Un libéral aux visions controversées et ambiguës

La philosophie et les opinions de Sam Altman ont été façonnées par sa longue expérience dans l’environnement de la tech, des start-ups et des finances, et l’homme est en fervent partisan du « pouvoir de l’entrepreneuriat et de l’innovation ». Il estime même que ce sont des moteurs essentiels de la croissance économique et du progrès sociétal. En conséquence, il encourage le risque, l’échec et la persévérance.

Il est aussi depuis quelques temps un inattendu soutien du revenu de base universel (UBI), qu’il considère comme une solution potentielle pour lutter contre les inégalités de revenus et les déplacement d’emplois, voire les pertes, dû à l’automatisation des tâches que permet la robotique.

Sam Altman a expliqué que mettre en place un UBI pourrait fournir un filet de sécurité aux individus, qui leur permettrait en conséquence de travailler à des sujets positifs pour la société sans la pression de l’insécurité financière. Une visions qui se manifeste dans le projet WorldCoin.

Il a aussi exprimé ses préoccupations concernant les grands enjeux de notre temps, comme le changement climatique, ou l’accès à un système éducatif de qualité, et il défend que l’utilisation de la technologie peut permettre de relever ces défis. Une vision qu’il partage même pour la plupart des sujets de société : . Il pense que les progrès de l’IA et d’autres technologies émergentes ont le potentiel de révolutionner les modes de production, d’améliorer la qualité de vie et de stimuler la croissance économique.

Un point de vue qui ne fait pas l’unanimité, loin de là, et qui amène Altman à être perçu aussi comme « controversé », « déconnecté », voire « illuminé » pour certains de ses plus fervents détracteurs.

Des critiques qui se basent récemment sur le tournant qu’a pris OpenAI, passant d’une organisation ayant une volonté altruiste et ouverte (d’où le « open » du nom) à une entreprise fermée, utilisant les connaissances du monde entier pour entrainer un programme qui ne profitera qu’à l’entreprise et ses investisseurs (Microsoft en premier lieu). Alors que Goldman Sachs estime que 300 millions d’emplois sont directement menacés par la technologie GPT d’OpenAI, difficile d’y voir une progression pour l’humanité, du moins à court terme.

Des critiques viennent aussi autour de son projet World ID, qui veut utiliser l’identification biométrique (l’iris de l’oeil) de manière universelle sur internet, pour lutter contre l’invasion de bots que pourraient générer des experts de l’IA mal intentionnés (les « Attaque Sybil » notamment). Une manière pour Sam Altman de proposer de résoudre les problèmes que Sam Altman a créé. Même s’il n’est pas le seul à travailler sur ce genre de technologies, et que la réflexion qu’il mène est non seulement positive, mais nécessaire.

En définitive, Sam Altman est un pur produit du système occidental, dont il va tendre à devenir l’une des incarnations : de jeune entrepreneur surdoué et acharné à investisseur à succès, il utilise désormais la « tech », son réseau et son statut pour construire un service qui pourrait remplacer des métiers partout… Un petit air de Uber ?