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L’équivalent de deux fois le trafic mondial en temps réel, transmis par une nouvelle puce s’appuyant sur les infrastructures optiques standards.

Image en couverture libre de droits (Pexel)

Une nouvelle puce transmet presque 2 pétabits par seconde !

A l’heure où l’Union Européenne envisage d’interdire les téléviseurs 8K, presque inutiles graphiquement et hautement énergivore, le fait est tout de même là : les fichiers, quelles qu’ils soient, demandent de plus en plus d’espaces de stockage. Une photo en qualité maximum sur un smartphone récent demande des dizaines de mégaoctots, une mise à jour de jeux vidéo demande plusieurs gigas, et les réseaux sociaux devenant des tubes de vidéos courtes et frénétiques demandent un volume de bande-passante de données toujours plus monstrueux.

Alors, la technologie suit, encore et toujours, cette marche effrénée qu’elle participe à entrainer d’elle-même. Les infrastructures générales s’améliorent et se mettent à jour (la 5G, le Wifi, le Bluetooth), les stockages se diversifient et d’accroissent (cloud, SSD…). Et la vitesse de transmission voit elle aussi la recherche tenter de nouvelles technologies, pour battre de nouveaux records, dont les conséquences seront les nouvelles normes sous quelques années.

Et dans cette recherche d’amélioration continue, c’est une nouvelle puce qui bat un record qu’on n’aurait pas envisagé spontanément, d’après une publication dans la revue Nature. La puce mise au point par des scientifiques de l’Université technique du Danemark à Copenhague peut transmettre beaucoup, beaucoup de données, par seconde. L’équipe de scientifiques danois (guidé par Asbjørn Arvad Jørgensen) a utilisé la technologie photonique.

Et, par seconde, cette puce transmet presque deux fois le volume de données transmises dans le monde entier ! Un volume qui se monte à environ 1 pétabit/seconde en moyenne, là où cette pute a réussi à transmettre 1,84 pétabit par seconde ! Le tout avec donc une seule puce photonique, reliée par un unique câble de fibre optique standard ! L’application généralisée de la technologie ne nécessiterait donc pas de reposer des câbles réseaux marins à travers les eaux du globe.

Une puce qui optimise les infrastructures optiques déjà existantes

Un exploit qui a du passer par une technologie de pointe, mais aussi par une organisation et une décomposition préalable scientifique : ce flux record a été divisé en 37 lignes, correspondants chacune à chaque fil de la fibre optique du câble utilisé. Puis chaque ligne a été elle-même subdivisée en 223 flux mineurs, correspondant aux fréquences de couleur du spectre chromatique, via un peigne de fréquence. Une technique qui optimise le transfert, et qui permet de prévenir les mélanges de données et les (nombreux) bugs qui pourraient en découler !

Schéma explicatif de la décomposition des données de la puce photonique et de l'infrastructure optique
Schéma explicatif de la décomposition des données – © Nature

Des taux de transfert de données montant jusqu’à 10,6 pétabits/seconde ont déjà été tenté et atteint par le passé, mais ils ont été faits grâce à l’utilisation d’équipements très lourds volumineux, peu pratiques, et considéré donc comme inefficaces. 

Un point insolite de cette tentative record est aussi que cette expérience a utilisé tant de données qu’il n’existe aucun ordinateur capable de fournir et de recevoir autant d’informations à cette vitesse (1,84 peta par seconde). L’équipe a donc dû utiliser des « données factices » à transmettre à l’envoie, explique Asbjørn Arvad Jørgensen, et tester en sortie un seul canal à la fois, pour s’assurer que tout était envoyé et récupéré sans dommage.

Cette nouvelle puce photonique établit un nouveau record pour la transmission via l’usage d’une seule puce informatique et un réseau standard, et la technologie pourrait voir les coûts énergétiques largement réduits, et les bandes passantes ouvertes considérablement augmentées, dans les années à venir.