__


Au nord de Djeddah, l’Arabie saoudite va faire sortir de terre Marafi, une ville de 130 000 habitants. Et creuser un canal artificiel de 11 kilomètres de long !

Image en couverture : © Roshn

L’Arabie saoudite se tourne vers l’avenir avec le PIF

En Arabie saoudite, on n’a du pétrole, et on a des idées. De grandes idées, qui placent le riche État à l’avant-garde d’une effervescence mondiale tournée vers l’avenir.

L’Arabie saoudite, en tant que pays producteur de pétrole – l’un des plus importants au monde – se prépare à s’adapter à un nouveau monde où les énergies fossiles ne joueront plus un rôle central, ce qui impactera fortement son économie d’ici la fin du siècle. Soit demain, à l’échelle de l’Histoire.

MBS et la famille royale ont pris conscience de cette glaçante réalité dans le courant de la dernière décennie, dans le même temps que le jeune prince héritier gagnait en visibilité et en pouvoir. Depuis environ deux ans, l’État multiplie désormais les annonces de projets pharaoniques, pour présenter au monde un pays tourné vers l’avenir qui fera sortir de terre certaines des plus grandes constructions de tous les temps.

Si le projet de ville The Line a fait beaucoup parlé, avec ses dimensions hors normes et son design futuriste, plus récemment, c’est le Mukaab qui a beaucoup fait impressionné (voir notre article dédié). Le Mukaab, un cube gigantesque de 400 mètres de côté, suffisamment haut et large pour accueillir à l’intérieur l’Empire State building et la Tour Eiffel, côte à côte, sans forcer.

Le Mukaab, une tour cubique de 400 mètres de haut, qui va être construite en Arabie saoudite

On peut aussi citer plusieurs autres structures, comme un futur musée (voir) à Djeddah et un futur établissement de santé aux airs d’oasis (voir), une licence de l’entreprise suisse Clinique La Prairie. Dans une optique plus tournée vers la rationalité pure, l’État a aussi lancé les travaux pour un futur méga-aéroport, dessiné par Foster & Partners (voir).

Derrières ces différents projets, on trouve toujours le Fonds d’investissement public, le PIF. Un fonds qui vise à « devenir l’un des fonds souverains les plus importants et les plus impactants au monde, permettant la création de nouveaux secteurs et opportunités qui façonneront la future économie mondiale, tout en favorisant la transformation économique de l’Arabie saoudite ».

Marafi, un nouveau quartier au nord de Djeddah, qui s’inscrit dans le plan Vision 2030

Une nouvelle annonce majeure vient s’ajouter à cette longue liste non-exhaustive : le projet Marafi. Marafi sera une toute nouvelle ville qui sortira de terre au nord de Djeddah, la capitale du pays.

Un projet qui comprend « des infrastructures, des équipements publics, récréatifs et résidentiels, visant à élever le niveau de qualité de vie et à transformer Djeddah en une destination mondiale », d’après les premiers éléments officiels communiqués par le PIF.

Un projet qui sera en partie développé par le groupe immobilier Roshn. David Grover, PDG du groupe Roshn, a expliqué que Marafi aura « un impact significatif sur le niveau de développement immobilier » et participera à « améliorera la qualité de vie dans le Royaume », en en faisant une « destination mondiale » majeure. Une fois achevé, le projet « MARAFY » (en VO) devrait accueillir 130 000 résidents.

Voici la toute première vidéo de présentation du projet (en anglais et en arabe) :

Dans le détail, Marafi se déclinera en plusieurs quartiers distincts, bardés de chemins piétonniers, de parcs, de places et de jardins, mais aussi de restaurants, d’espaces de loisirs et globalement « d’espaces verts ouverts et dynamiques ». Des espaces verts, mais aussi et surtout des bureaux et des logements modernes « inspirés des conceptions architecturales locales ».

Les différents quartiers de Marafi seront reliés entre eux et au reste de Djeddah par un système de transports multiples et denses, entre lignes de bus, accès à la ligne rouge du métro, une liaison directe par canal vers l’aéroport international King Abdulaziz, et des bateaux-taxis.

Un immense canal

Des bateaux-taxis qui pourront évoluer sur l’un des points les plus importants de Marafi : son immense canal.

Un canal qui sera creusé intégralement, prolongeant le ruisseau Obhur existant. Un canal aux dimensions pharaoniques – encore – puisqu’on parle d’un cours d’eau de 11 kilomètres (7 miles), qui fera pas moins de 100 mètres de large ! Soit un niveau équivalent à celui d’une rivière comme la Seine, tant en largeur qu’en longueur (la Seine fait 13km dans Paris intra-muros). Le promoteur parle de plus de 6,6 millions de mètres carrés.

On ne sait pas en revanche quelle sera la profondeur de ce canal, mais il devrait être creusé suffisamment profond pour pouvoir accueillir sans encombre tous les types de navires : yachts, voiliers, bateaux de plaisance, paquebots de croisières comme porte-containers.

Un plan plus détaillée de Marafi et de son futur canal de 11 kilomètres.

Une anticipation bienvenue, puisque ce sont quelques 22 kilomètres de rivage qui vont donc être créés avec ce canal pour le projet de Marafi. Soit un niveau comparable aux fronts de mer de villes comme Chicago, Stockholm, Hambourg et du centre de Londres, d’après les responsables derrière le projet.

Un canal « amenant l’environnement marin au cœur d’une ville historique qui accueille commerçants, voyageurs et pèlerins depuis des siècles », où l’on trouvera notamment « une nouvelle marina », des moyens de transport fluviaux, des ponts et des jetées, « donnant au front de mer une atmosphère animée qui attire les visiteurs de tous âges et de tous groupes ».

Aucun doute, si Marafi a l’ambition d’être une nouvelle ville, c’est à destination des touristes du monde entier qu’elle est pensée.