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Alors que l’entreprise semble bloquée techniquement depuis bientôt deux ans, OpenAI continue de rêver de l’AGI, et a dévoilé à ses employés une série de paliers à atteindre, et franchir.

Même si Sam Altman semble avoir compris la lassitude qu’il suscite et l’écart douloureux entre ses prédictions fanfaronnes des deux dernières années avec la réalité du monde de l’IA aujourd’hui, OpenAI explique toujours que sa mission ultime est de construire « une AGI qui profite à l’humanité » (AGI = une IA capable d’effectuer toutes les tâches humaines (écrire, coder, inventer…) aussi bien que les humains).

Il faut penser les choses à une certaine échelle : si ChatGPT peut remplacer une équipe de rédacteurs, l’AGI pourrait remplacer une entreprise entière, une administration complète, de la direction aux équipes opérationnelles. L’AGI est considérée comme le « niveau 5 » dans le nouveau système de classification interne dévoilée par OpenAI.

Selon un « initié » de la société, OpenAI a récemment présenté son plan de réalisation de l’AGI lors d’une réunion de l’ensemble du personnel cette semaine. Voici à quoi ressemble cette échelle vers l’AGI :

  • Niveau 1 – Chatbots : Ce que nous avons actuellement, des chatbots dotés de capacités avancées, mais essentiellement capable de régurgiter les données de formation, pas de raisonner.
  • Niveau 2 – Reasoners : Une Ia capable de résoudre des problèmes grâce à un niveau général équivalent à celui du doctorat, mais au niveau général.
  • Niveau 3 – Agents : Des systèmes d’IA qui peuvent faire des successions d’actions plus ou moins complexes d’après une indication initiale, pour atteindre un but.
  • Niveau 4 – Innovators : Une version IA de Thomas Edison (ou de Elon Musk).
  • Niveau 5 – Organizations : Une IA capable de faire le travail de toute une organisation, et globalement capable de faire théoriquement n’importe quoi, sans limitation.

D’après OpenAI, nous serions sur le point d’atteindre le niveau 2, à l’échelle de l’humanité. Un niveau qui repose tant sur les modèles les plus avancés proposés par OpenAI (GPT-4o à date) que par les réalisations de la concurrence (Claude 3, Grok 2, Gemini 1.5, Llama 3…). À noter que Google DeepMind a sa propre échelle AGI, qui définit chaque niveau comme le centile d’adultes compétents dans lequel se situe l’IA.

Si les meilleurs chatbots actuels sont de niveau 1, le prochain grand lancement de produit pourrait donc être une IA plus intelligente que votre ami le plus brillant, et son ami le plus brillant.

Pour autant, il ne faut pas oublier que l’IA dans sa forme actuelle est confrontée à un plateau technique qu’elle ne parvient pas à franchir : formé il y a presque deux ans, GPT-4 (d’OpenAI) reste encore l’étalon du marché, et les modèles récents les plus performants le battent seulement de peu, malgré des dizaines de milliards de dollars d’investissements et une compétition féroce entre les esprits les plus brillants du monde.

En fait, on peut surtout voir cette classification comme la feuille de route d’OpenAI pour l’avenir de la suite GPT, et des modèles à venir. Il semble peu probable que les LLM parviennent à dépasser le niveau 2 ou à atteindre un précaire niveau 3 avant de nombreuses années. D’autant que OpenAI a récemment perdu Ilya Sutskever.

Les dirigeants d’OpenAI auraient aussi profité de la réunion pour présenter un nouveau projet de recherche qui, selon l’entreprise, permettrait d’atteindre un raisonnement semblable à celui de l’homme. Le fameux projet « Q* » ?