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Les régulateurs antitrust américains (dont la FTC et le DOJ) se préparent à enquêter sur trois géants de l’IA : Nvidia, Microsoft et OpenAI. Les relations de Google et Amazon avec Anthropic sont aussi scrutées.

Aux Etats-Unis, les enquêtes débutent autour de problèmes de monopoles dans l’IA

Les États-Unis s’apprêtent à enquêter suite à des craintes fortes de monopole en matière d’IA, et de problèmes en conséquencE.

Deux agences gouvernementales chargées de faire appliquer les lois antimonopoles des États-Unis ont accepté d’enquêter sur Microsoft, Nvidia et OpenAI, rapporte le New York Times.

Le ministère de la justice (DOJ) enquêtera sur Nvidia, qui domine le marché des processeurs de pointe qui entraînent et font fonctionner les réseaux neuronaux. La Federal Trade Commission (FTC) enquêtera sur Microsoft et ses relations avec OpenAI, qui contrôlent ensemble la distribution des modèles populaires de la série GPT d’OpenAI.

En février, la présidente de la FTC, Lina Khan, avait déclaré que l’agence rechercherait d’éventuelles forces anticoncurrentielles sur le marché de l’IA.

  • Le ministère de la justice craint que Nvidia ne recoure à des pratiques déloyales pour maintenir sa position dominante sur le marché. Il pourrait se pencher sur le logiciel CUDA de Nvidia, qui renforce la dépendance des utilisateurs à l’égard de ses puces. Il pourrait également examiner les allégations des autorités françaises selon lesquelles Nvidia favorise certaines entreprises d’informatique cloud par rapport à d’autres.
  • La FTC craint que le partenariat entre OpenAI et Microsoft, qui détient 49 % d’OpenAI et dispose d’un siège sans droit de vote au conseil d’administration d’OpenAI, ne limite le choix des consommateurs. L’accord conclu en avril par Microsoft avec Inflection AI pour embaucher la majeure partie de son personnel en échange d’un paiement de 650 millions de dollars, qui ressemblait à une acquisition mais laissait intacte la structure d’entreprise d’Inflection, a fait naître des soupçons selon lesquels l’opération avait été structurée de manière à éviter un examen antitrust automatique.
  • La FTC a déjà enquêté sur les investissements d’Amazon et de Google dans Anthropic et sur la question de savoir si OpenAI recueillait des données de formation d’une manière préjudiciable aux consommateurs.

Ce que ça veut dire

L’attention portée par les gouvernements aux grandes entreprises d’IA s’accroît dans le monde entier.

Le partenariat entre Microsoft et OpenAI fait l’objet d’un examen plus approfondi de la part des régulateurs de l’Union européenne, qui cherchent à savoir si cette relation est contraire à la réglementation de l’UE régissant les fusions d’entreprises. Les régulateurs britanniques enquêtent sur les relations d’Amazon avec Anthropic et de Microsoft avec Mistral et Inflection AI.

L’année dernière, les autorités de régulation françaises ont perquisitionné un bureau de Nvidia en raison de pratiques anticoncurrentielles présumées. En 2022, Nvidia a retiré son offre d’acquisition du concepteur de puces Arm après que la proposition ait fait l’objet d’un examen réglementaire international, notamment d’une action en justice de la FTC.

Pourquoi c’est important ? Microsoft, Nvidia et OpenAI ont investi chacun des dizaines de milliards de dollars dans le marché de l’IA, et les poursuites judiciaires, les règlements, les jugements ou d’autres interventions pourraient influer sur le sort de ces investissements.

La FTC et le DOJ ont également divisé leurs juridictions en 2019, ce qui a donné lieu à des enquêtes sur – et des poursuites en cours contre – Amazon, Apple, Google et Meta pour des pratiques anticoncurrentielles présumées dans la recherche, les médias sociaux et l’électronique grand public. Leurs enquêtes sur le marché de l’IA pourraient avoir des répercussions similaires.

Mais que peut-on en penser ? Les gouvernements doivent limiter les comportements déloyaux des entreprises sans pour autant étouffer les activités légitimes. Récemment, aux États-Unis et en Europe, le pendule s’est déplacé vers une application trop agressive.

Par exemple, l’opposition du gouvernement à l’achat de Figma par Adobe a eu un effet dissuasif sur les acquisitions qui semble susceptible de nuire aux startups. Le Royaume-Uni a bloqué l’acquisition de Giphy par Meta, qui ne semblait pas particulièrement anticoncurrentielle.

On peut apprécier les efforts des régulateurs antitrust pour créer des conditions de concurrence équitables et espérer qu’ils adopteront une approche équilibrée en matière d’antitrust, permettant au consommateur de bénéficier des innovations d’entreprises prospères.