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Sur la côte méditerranéenne, la péninsule de la station balnéaire égyptienne de Ras el-Hekma (ras alhikma) change de main et passe sous pavillon émirati contre un chèque de 35 milliards de dollars.

L’Égypte vend Ras el-Hekma aux Émirats arabes unis

D’après les informations de Middle East Eye parues le 23 février (confirmées notamment par Reuters), une transaction très rare s’est conclue ces derniers jours. Deux états ont acté le transfert d’une région d’un pays à un autre contre une importante somme financière, presque comme une transaction commerciale ordinaire.

L’annonce a été faite par le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly hier « après des semaines de spéculations » selon le média : Les Émirats arabes unis et l’Egypte se sont entendus pour que le second laisse le premier « développer la péninsule » de Ras el-Hekma, au nord du pays. Il s’agit d’une petite zone balnéaire très peu développée, presque déserte, mais ayant un littoral et un climat valorisables avec des investissements (massifs).

Le projet présenté par les Émirats arabes unis pour Ras el-Hekma (aussi orthographié Ras Alhikma parfois) est de développer environ 170 millions de mètres carrés, construisant des quartiers résidentiels, des écoles, des universités, une zone industrielle, de vastes espaces touristiques, une marina « internationale » pour les yachts les plus luxueux.

Un quartier des affaires et un aéroport international au sud de la ville sont également prévus. La zone sera à peu près aussi grande que le département des Haut-de-Seine (qui fait 176 km2) et le projet coûterait au total environ 150 milliards de dollars.

L’objectif est d’attirer huit millions de touristes et de créer une ville moderne, à la manière de ce que fait actuellement l’Arabie saoudite dans plusieurs zones (comme le programme Marafi, ou le quartier autour du Mukaab).

Des habitants déplacés et des milliards dans les caisses

Les actuels habitants de la région de Ras el-Hekma seront relocalisés dans « d’autres régions » et recevront « une compensation financière » selon le Premier Ministre.

En contrepartie, l’Égypte recevra quant à elle une première somme de 15 milliards de dollars dès la semaine prochaine, et 20 milliards de dollars supplémentaires dans les deux mois qui suivent. Soit un total de 35 milliards de dollars de cash. Les fonds serviront à « atténuer la crise économique égyptienne » qui frappe très durement le pays.

De plus, l’Egypte garde une participation importante dans la structure, ce qui lui permettra de pouvoir prétendre à « 35% des bénéfices de ce projet » et donc de rentabiliser cette cession dans le temps.