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La Chine développe un nouveau type de porte-conteneurs massifs et alimentés par l’énergie nucléaire : le KUN-24AP sera le premier d’entre eux.

De nouvelles évolutions dans le transport maritime

Il y a quelques mois, le MSC Tessa prenait le titre de plus gros porte-conteneurs du monde, non pas grâce à sa longueur de 399,99 mètres pour 61,53 mètres de large, mais grâce à sa capacité : un tonneau jauge brute (tjb) de 241 164. Un record qui aurait été battu de peu depuis par le MSC Raya et son tjb de 241 196.

Quoi qu’il en soit, l’industrie du transport est freinée dans sa course au gigantisme par des standards (portuaires notamment, mais pas que) et des normes. En conséquence, personne ne va concevoir un porte-conteneurs de 650 mètres de long pour 131 mètres de large, si aucun port ne peut l’accueillir.

Mais de nombreuses optimisations restent possibles pour le secteur. Et notamment au niveau énergétique. Travaillant dans cette direction, la Chine vient de dévoiler le premier porte-conteneurs moderne à propulsion nucléaire au monde, le KUN-24AP.

Le KUN-24AP sera produit par la société Jiangnan Shipyard, qui l’a présenté au salon Marintec China 2023, à Shanghai, début décembre 2023.

Un porte-conteneurs alimenté au nucléaire

La caractéristique principale du KUN-24AP réside donc dans son système de propulsion : un réacteur à sels fondus de quatrième génération de pointe utilisant le thorium, un métal radioactif abondant en Chine.

Récemment lancé, le réacteur nucléaire du désert de Gobi exploite cette technologie et fait partie des efforts fournis par la Chine pour développer des technologies nucléaires avancées et s’affranchir du charbon. Les scientifiques chinois affirment que cette nouvelle technologie nucléaire propose un usage flexible adapté à plusieurs applications, y compris ici l’utilisation maritime.

Le KUN-24AP deviendra donc le premier porte-conteneurs nucléaire moderne à utiliser l’énergie nucléaire, via un réacteur au thorium.

Le KUN-24AP

Un système qui marquera une rupture avec les réacteurs à uranium traditionnels, et qui offre une sécurité et une efficacité accrues.

Contrairement aux réacteurs à uranium qui nécessitent de grandes quantités d’eau pour leur refroidissement, le réacteur à base de thorium fonctionne à des températures élevées et à basse pression, réduisant ainsi le risque de fusion (la mauvaise fusion, pas la bonne).

Cette technologie a surtout pour but d’aider la Chine dans sa volonté de transition écologique rapide : d’après la société qui produit le KUN-24AP, le porte-conteneurs sera « zéro émission » rapporté à son cycle d’exploitation complet.

Le nucléaire a déjà été utilisé sur d’autres bateaux de transport non-militaires, comme le NS Savannah. Les brise-glaces utilisent aussi massivement ce type d’énergie.

Mais avec l’utilisation d’un réacteur au thorium, les concepteurs veulent retirer des avantages importants, comme une pression de circuit plus faible, une sécurité générale du système améliorée et la possibilité de faire un arrêt rapide en cas d’accident, minimisant ainsi les risques potentiels.

Un aspect notable de la conception est la « batterie » nucléaire, un composant remplaçable qui répond aux préoccupations liées aux coûts du combustible et aux difficultés de ravitaillement. Toutefois, pour une mise en œuvre réussie, il faut relever certains défis, notamment l’utilisation de sels fluorés comme médium et les incidences potentielles sur l’environnement.

Enfin, il s’agit ici de coupler énergie nucléaire et porte-conteneurs de taille maximale : comme les autres bateaux de sa gamme, le KUN-24AP aura une capacité de 24 000 conteneurs standard (EVP), et une dimension d’environ 400m de long sur 61m de large.