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Les effets du gingembre sur les globules blancs observés par une équipe scientifique

Les effets du gingembre sur les globules blancs observés par une équipe scientifique de l'Université de Munich en Allemagne.

Le gingembre a permis aux leucocytes stimulés de réagir plus fortement à une agression bactérienne.

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L’effet réel du gingembre observé dans l’organisme

Les plantes dépolluantes n’existent pas. Du moins, pas encore, même si la startup Neoplants y travaille. Et dans le domaine des inventions marketing basées sur des résultats scientifiques de laboratoire (au mieux), impossibles à reproduire dans le monde réel, les épices ne sont pas en reste. Loin de là.

Mais une nouvelle étude vient en tout cas attester un effet scientifique du gingembre ! Car cette plante fait partie de la longue liste de celles à qui on prête des vertus thérapeutiques et médicinales, avec plus ou moins de véracités scientifiques derrière.

Une équipe de l’Institut Leibniz de biologie des systèmes alimentaires, issu de l’Université technique de Munich, en Allemagne, s’est intéressée au gingembre parce que la consommation de la racine a presque quadruplé au cours des dix dernières années dans le pays, pour atteindre environ 31 600 tonnes ! La question se posait donc de savoir si cette consommation massive et accrue avait réellement un effet sur la santé.

Veronika Somoza, directrice de l’Institut Leibniz à Freising, en Allemagne, a mené des recherches approfondies sur le sujet. Elle est partie d’une théorie à propos des leucocytes (les globules blancs) : on sait que les composés “piquants” du gingembre et du piment activent le récepteur TRPV1 des cellules nerveuses, un canal ionique situé à leur surface, et une théorie stipulait que TRPV1 pouvait aussi être trouvé chez les leucocytes. Son équipe a retrouvé le récepteur sur les granulocytes neutrophiles (aussi appelées polynucléaires neutrophiles), des cellules qui constituent environ les deux tiers des globules blancs, et servent à combattre les bactéries.

Dans l’étude pilote qu’a mené l’Institut Leibniz, les sujets ont bu un litre de thé infusé au gingembre, sur une période de moins de 20 minutes, et à jeun. Le thé avait été préparé avec 100 g d’un gingembre chinois frais, épluché et écrasé, infusé dans un litre d’eau bouillante, puis laissé infuser pendant 15 minutes. L’infusion était ensuite filtrée pour éliminer les composants parasites.

Le chercheurs ont obtenu que les concentrations sanguines moyennes les plus élevées étaient pour les composés piquants gingérol 6, 8 et 10. Le premier et le plus connu, le gingérol 6 (ou [6]-gingérol) est un composé phénolique de la famille des vanilloïdes, qui donne ce goût piquant et donnant la sensation de pseudo-chaleur), qu’on trouve dans l’oléorésine de gingembre.

Dans l’étude, les phénols [6]-gingérol, [8]-gingérol et [10]-gingérol étaient trouvés à hauteur de 42,0, 5,3 et 4,8 nanomole par litre, respectivement, environ 30 à 60 minutes après que les sujets aient bu le thé au gingembre. Le [6]-gingérol atteignait de loin les niveaux les plus élevés, avec des concentrations sanguines d’environ 7 à 17 microgrammes par litre. Or, 15 microgrammes de [6]-gingérol par litre suffisent à mettre les leucocytes en état d’alerte. Ainsi, par rapport aux cellules témoins, les cellules stimulées par le gingembre ont réagi environ 30% plus fortement à un peptide stimulant une infection bactérienne.

Un effet immunitaire

En conclusion : De petites quantités d’un composant piquant du gingembre ont mis les globules blancs en état d’alerte accrue, les faisant réagir plus fortement à une agression. Alors, de là à considérer un effet bénéfique réel sur la santé des consommateurs assidus de thé au gingembre, il y a un pas que l’étude se réserve de franchir, malgré des effets tangibles observés scientifiquement.

Une étude publiée dans “Molecular Nutrition & Food Research” que vous pouvez retrouver via ce lien.