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Avec le projet OHISAMA, le Japon veut démontrer que l’énergie solaire peut être envoyée sur Terre efficacement depuis l’espace et être utilisée au quotidien.

L’ingénieur tchèque Peter Glaser est connu pour avoir travaillé sur Apollo mais aussi pour avoir décrit pour la première fois l’idée d’une production d’énergie solaire depuis l’espace, en 1968.
À l’époque, on pensait que développer cette technologie high-tech relevait de la science-fiction, entre une installation spatiale à créer et installer en orbite et une énergie à ramener sur Terre (à une époque où on envoie encore péniblement les hommes dans l’espace).

Mais l’idée des centrales solaires et leurs avantages théoriques a cependant rapidement convaincu : contrairement aux panneaux solaires terrestres affectés par les conditions météorologiques et la nuit (dont la durée peut varier en fonction des saisons), les centrales solaires spatiales pourraient recevoir les rayons du soleil en continu et collecter ainsi de l’énergie 24h sur 24.

Avec l’amélioration de la technologie des cellules photovoltaïques mais surtout celle des technologies de transmission d’énergie sous forme d’ondes, l’idée a enfin été concrétisée ces dernières années. La Chine a développé son propre projet, et l’année dernière Caltech avait mis en orbite le module Space Solar Power Demonstrator (SSPD-1) qui avait réussi l’exploit (voir nos articles ici et ).

On apprend maintenant que c’est le Japon qui va essayer sa propre centrale solaire spatiale, dès l’année prochaine. Une annonce faite lors de l’International Conference on Energy from Space, la semaine dernière.

Koichi Ijichi, qui travaille à l’institut de recherche japonais « Japan Space Systems » a donné de premiers détails sur le projet OHISAMA et son premier prototype de centrale solaire spatiale.

Il s’agira d’un petit satellite d’environ 180 kg qui évoluera à une altitude de 400 kilomètres et qui transmettra environ 1 kilowatt de puissance. Il collectera l’énergie solaire à l’aide d’un panneau photovoltaïque de 2 mètres carrés. L’énergie stockée dans la batterie intégrée au satellite sera ensuite transformée en micro-ondes et envoyer sous la forme d’un rayon vers une antenne terrestre.

Cependant, étant donné que les engins spatiaux (stations, satellites, etc) se déplacent très vite, à environ 28 000 km/h, plusieurs antennes de réception sur Terre devront être réparties sur une distance d’environ 40 kilomètres, à une distance de 5 km les unes des autres pour permettre une transmission d’énergie suffisante.

On devrait en connaître plus dans le courant du deuxième semestre 2024 sur ce futur module qui rejoindra le premier satellite en bois au panthéon des prototypes spatiaux extraordinaires récents.