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L’hécatombe continue chez OpenAI, qui a enregistré un nouveau départ très visible ce vendredi.

Le départ de Logan Kilpatrick d’OpenAI

Son nom ne vous dira peut-être rien, sauf si vous avez (vous aussi) les yeux rivés sur la tech américaine, et en particulier sur le petit monde des entreprises d’intelligence artificielle : Meta, Google, Microsoft, Anthropic, Stability AI

Dans ce cas, difficile d’être passé à côté de « Logan.GPT ». Logan Kilpatrick de son vrai nom était « Responsable des relations avec les développeurs » chez OpenAI. Il avait un rôle transverse entre les équipes de dév, la direction, et le grand public.

Il a à son actif plusieurs grandes annonces : Il y a deux semaines, le 16 février, l’une des dernières venant de lui était celle (un peu passé inaperçue de notre côté de l’Atlantique) du premier Forum OpenAI.

La veille, il faisait partie des premiers noms à présenter Sora (trois minutes seulement après Sam Altman, ce qui en dit long) au grand public :

En janvier, il annonçait aussi le GPT Store :

Sauf que l’annonce de ce 1er mars 2024 n’a pas été liée à un nouveau produit chez OpenAI, mais à son propre départ de la start-up :

« Hier était mon dernier jour OpenAI.

J’ai passé la dernière année et demie à me consacrer corps et âme à soutenir les développeurs chaque jour.

Tous les gens formidables avec qui j’ai travaillé vont me manquer, vous faites tous un travail si important, continuez à livrer. »

Logan Kilpatrick n’a fourni aucun commentaire spécifique et rien ne semble indiquer un départ lié à une tension interne, comme ce fut par exemple le cas en novembre autour de Sam Altman, Ilya Sutskever et Greg Brockman.

Un départ de plus qui alimente les spéculations très négatives

Retour arrière : Il y a quelques semaines, le 14 février, c’est Andrej Karpathy qui annonçait lui aussi sereinement son départ inattendu, du jour au lendemain.

Il précisait que « rien « ne s’est produit » et ce n’est pas le résultat d’un événement, d’un problème ou d’un drame particulier » et que « l’équipe est vraiment forte, les gens sont formidables et la feuille de route est très excitante » mais qu’il allait se tourner vers des « projets personnels ».

Mais le poids de Andrej Karpathy a été largement supérieur à celui de Logan dans l’entreprise : Il avait fait partie des cofondateurs d’OpenAI.

Il y était resté un an et demi, avant de rejoindre Tesla (Elon Musk est alors le dirigeant des deux entités) comme Senior Director of AI pendant cinq ans. Il avait fait son retour chez OpenAI en février 2023, et était donc seulement resté un an, occupant un poste de chercheur en intelligence artificielle.

Ces deux départs doivent être pris pour ce qu’ils sont : des très mauvaises nouvelles sur le plan de la communication de l’entreprise, et de son marketing très ambitieux autour de l’AGI.

Si de plus en plus de gens commencent à douter (François Chollet, Gary Marcus, Yann LeCun dans une certaine mesure) qu’une quelconque forme d’intelligence réelle émerge des LLM (ce qui ne signifie pas que cette technologie n’a pas des capacités hors du commun), alors le plan que Sam Altman répète à qui veut l’entendre de créer une AGI a du plomb dans l’aile à court et moyen terme.

Et ces départs « tranquilles » semblent étayer cette idée : pourquoi des noms de premier plan comme Logan et Karpathy partiraient subitement d’une entreprise en train d’achever la plus grande révolution technologique (et même plus) jamais réalisée, la création d’une nouvelle forme de vie numérique ?

Même sur un plan financier plus terre à terre, on sait que OpenAI a récemment vendu des parts à un prix qui valorise l’entreprise un peu plus de 80 milliards de dollars. Mais partout les observateurs peu farouches louent une entreprise qui pourrait devenir à son tour un géant à plus de 1000 milliards de dollars. Là encore, de rares voix publiques doutent, mais le font bruyamment.

Alors, avec ces départs, peut-on penser que les deux employés ont encaissé leurs gains, vendant leurs parts ces dernières semaines au plus haut de la valeur d’OpenAI (avant l’explosion de la bulle) ? Les rats quittent-ils simplement le navire ? (pardon pour la comparaison)

Impossible à dire pour le moment. Mais il ne fait aucun doute que ces départs sont un bien mauvais signe sur la situation réelle d’OpenAI, loin des envolées sur « l’AGI » qui « changera le monde ».

Et comme cela a déjà été écrit dans nos colonnes, n’oublions jamais que pendant la ruée vers l’or, c’est le vendeur de pioche qui s’enrichit : Nvidia vaut plus de 2000 milliards de dollars, et son action a progressé de 261,5% depuis un an (et 1 999% depuis cinq ans).