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La startup Harvey veut venir bousculer l’écosystème juridique grâce à l’intelligence artificielle générative.

Les investissements d’OpenAI

Au milieu du mois de novembre 2023, alors que monte encore imperceptiblement le tsunami ChatGPT, OpenAI annonce les deux premiers investissements du “OpenAI Startup Fund” (voir notre article) dans “Mem“ et “Descript“. Quelques jours plus tard, “Speak” et “Harvey” rejoignaient le pool de cette branche de OpenAI dédiée à accompagner de jeunes pousses de l’intelligence artificielle dans leur phase de démarrage.

Une activité méconnue d’OpenAI, mais qui ne surprendra personne ayant suivi le parcours de Sam Altman (ou lu notre portrait complet disponible à ce lien), co-fondateur de OpenAI, et spécialiste des startups et des levées de fonds – un domaine dans lequel il officie depuis une quinzaine d’années.

Harvey est donc l’une des quatre jeunes pousses qu’a soutenu à son lancement le “OpenAI Startup Fund”.

Harvey, la LegalTech IA qui pourrait tout changer

En termes concis, OpenAI présente Harvey avec les mots suivants :

« Harvey développe une interface intuitive pour tous les flux de travail juridiques grâce à de puissants modèles linguistiques génératifs. Sa technologie élargit les capacités des avocats en tirant parti de l’IA pour faciliter les tâches fastidieuses telles que la recherche, la rédaction, l’analyse et la communication, et les rendre plus efficaces. Les avocats gagnent ainsi du temps, ce qui leur permet en fin de compte de fournir un service de meilleure qualité à un plus grand nombre de clients. »

Harvey est une donc une startup utilisant la technologie « GPT-4 » (derrière ChatGPT). Concrètement, Harvey fournit aux avocats une interface en langage naturel pour leurs flux de travail juridiques existants.

Elle a été co-fondée par :

  • Gabriel Pereyra, ancien chercheur de DeepMind et Meta AI
  • Winston Weinberg, ancien avocat spécialisé en droit des valeurs mobilières et en droit antitrust chez O’Melveny

En novembre 2022, Gabriel Pereyra expliquait d’ailleurs à TechCrunch que « Au lieu d’éditer manuellement des documents juridiques ou d’effectuer des recherches juridiques, Harvey permet aux avocats de décrire la tâche qu’ils souhaitent accomplir dans des instructions simples et de recevoir le résultat généré. Pour ce faire, Harvey s’appuie sur de grands modèles de langage pour à la fois comprendre l’intention des utilisateurs et générer la sortie correcte ».

Plus en détail, Harvey peut :

  • Générer des documents juridiques longs
  • Avec une connaissance de niche du droit
  • Répondre à des questions juridiques complexes
  • Exploiter des millions de documents
  • Créer des modèles spécifiques à l’entreprise

Des premiers clients colossaux, et des ambitions en rapport

D’après certaines sources US, Harvey serait la startup LLM « à la croissance la plus rapide en termes de revenus » du moment. Et après la levée de fonds de août 2023 (annoncée en novembre), à laquelle ont participé aussi Jeff Dean, le responsable de Google AI, et Elad Gil le co-fondateur de Mixer Labs, Harvey ne fait pas mystère de travailler activement à sa série A : « Announcement coming soon! ».

Et pour cause, Harvey a conclu au cours des deux derniers mois, des contrats à plusieurs millions de dollars avec certains des plus grands cabinets d’avocats du monde. Deux exemples :

  • Allen & Overy, le 7e cabinet d’avocats au monde : Ce cabinet d’avocats basé à Londres explique dans le communiqué dédié à cet accord que plus de 3 500 de ses avocats ont déjà testé Harvey. David Wakeling, le “Head of the Markets Innovation Group“ de Allen & Overy commente d’ailleurs l’IA Harvey : « Je suis à la pointe de la technologie juridique depuis 15 ans, mais je n’ai jamais rien vu de tel qu’Harvey ». Wim Dejonghe , “Senior Partner“, parle d’un « game changer ».
  • PwC, un réseau de cabinets de conseil présent dans 152 pays employant près de 328 000 personnes, pour 50 milliards de dollars de CA : Ce groupe mondial va se servir de Harvey pour « l’analyse des contrats, la conformité réglementaire, la gestion des réclamations, la diligence raisonnable et des services plus larges de conseil juridique et de conseil juridique », mais veut aussi « développer et former ses propres modèles d’IA propriétaires » grâce à Harvey.

Plusieurs autres clients majeurs sont d’ores et déjà en négociation avec Harvey, soit pour des phases de tests, soit pour des utilisations « en production ». Harvey parle même d’une « liste d’attente de 15 000 cabinets d’avocats ».

D’ailleurs, Harvey développe déjà sa deuxième gamme de produits, en toute discrétion pour l’instant. Un deuxième axe « beaucoup plus ambitieux » que le premier, qui nécessite « énormément de recherche et de développement ».

Si Harvey atteint ses objectifs, la startup pourrait transformer le secteur juridique, et devenir une entreprise à la valeur dépassant les 100 milliards de dollars.