__


Une équipe scientifiques a développé une pilule qui contient un moteur qui s’active, se met à vibrer dans l’estomac et donne au cerveau l’illusion de la satiété.

Le problème de l’obésité

Selon l’établissement « Centers for Disease Control and Prevention » (CDC), 41,9% de la population interrogée aux États-Unis entre 2017 et 2020 était obèse, contre 30,5% « seulement » en 1999. Ce problème d’obésité augmente les risques de maladies cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux, de diabète de type 2 et de certains cancers.

Mais chez certains sujets gravement atteints, ni les régimes ni l’exercice physique ne parviennent à faire maigrir la personne, voire à l’empêcher de grossir, alors que celle-ci peut être sujette à une lourde forme d’addiction alimentaire.

Des chirurgies permettent de pallier une partie du problème, notamment les pontages gastriques ou la pose d’anneau. Récemment, des médicaments aidant à perdre du poids ont été lancés sur le marché, mais ils sont chers et doivent souvent être injectés.

Alors les scientifiques continuent d’explorer de nouvelles pistes pour permettre de lutter contre l’obésité.

La satiété et son rôle

Un axe travaillé par les chercheurs est celui de la satiété.

Lorsque nous mangeons, l’estomac se distend ou devient gonflé à cause de la nourriture qui vient occuper l’espace à l’intérieur. Cet étirement de l’estomac est reconnu par les récepteurs spécifiques qui envoient alors un signal au cerveau, qui déclenche ensuite une cascade de réactions. Et notamment la production d’insuline et d’hormones telles que le peptide C, le Peptide YY et le GLP-1, qui facilitent la digestion des aliments.

Cela donne un sentiment de satiété ou techniquement d’être « plein », tout en supprimant les niveaux de ghréline, une hormone favorisant la faim. L’individu arrête alors de manger. Ce phénomène se produit surtout lorsque l’estomac est plein, et il est donc conseillé aux personnes pratiquant un régime de boire de l’eau avant un repas, voire pendant.

Provoquer artificiellement la satiété avec une pilule vibrante

Pour provoquer une réaction de satiété, Shriya Srinivasan, étudiante diplômée du MIT, s’est demandée si la muqueuse de l’estomac pouvait être artificiellement étirée. Et elle a découvert que les vibrations induisaient la sensation qu’un muscle s’était étiré plus qu’il ne le devait initialement, créant une sensation illusoire d’élargissement, et activant alors le processus hormonal.

Alors, dans le cadre de son cursus post-doctorat, Shriya Srinivasan a travaillé avec une équipe de chercheurs pour concevoir une pilule (de taille importante) dotée d’une pièce vibrante. Le format de la pilule est un format particulièrement apprécié par les recherches scientifiques.

La pilule peut être consommée par voie orale, et est entourée d’une membrane gélatineuse qui est dissoute par les sucs gastriques de l’estomac. Une fois la membrane dissoute, le circuit permettant de connecter la pile à l’oxyde d’argent de la pilule avec l’élément vibrant s’active, et la pilule se met à alors à vibrer, provoquant le processus hormonal.

La pilule est assez importante, avec presque 1cm de large sur 3cm de long. Une dimension qui permet d’introduire un moteur vibrant suffisamment puissant pour déclencher des effets physiologiques une fois dans l’estomac.

De premiers essais ont fait maigrir des animaux

Lors de la phase d’essais sur des animaux, les chercheurs ont validé que les vibrations activaient les récepteurs et déclenchaient la libération d’hormones. Le suivi des niveaux de ces hormones a confirmé qu’elles étaient libérées aux mêmes niveaux attendus qu’après un repas, et ce même lorsque l’animal était à jeun.

La pilule est conçue pour vibrer pendant 30 minutes après avoir atteint l’estomac et part ensuite via les voies digestives naturelles des animaux en quatre à cinq jours.

Lorsque la pilule était consommée puis activée pendant les 20 minutes précédents le repas des animaux, la consommation était réduite jusqu’à 40% par rapport à la consommation observée lorsque la pilule n’était pas utilisée.

Les chercheurs ont pu constater que la prise de poids était globalement impactée directement par l’utilisation de la pilule vibrante sur les animaux testés.

Pour un usage humain, les chercheurs étudient l’activation sans fil de la pilule pour qu’elle reste plus longtemps dans l’estomac. Mais ce type d’essais et un arrivée chez les consommateurs n’est pas à envisager avant plusieurs années.

Pour rester en bonne santé, au-delà de l’alimentation, un sommeil de qualité est aussi à privilégier. Et évidemment, ne pas fumer, ni vapoter.

Pour en savoir plus, retrouvez ici la publication parue dans Science Advance.