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S’il levait 6 milliards de dollars pour xAI, sa start-up d’intelligence artificielle, Elon Musk serait à la tête d’une nouvelle société ayant une valorisation à plus de onze chiffres… Mais pourquoi autant d’argent ?

Les nombreuses activités de Elon Musk

Les résultats 2023 de Tesla ont été annoncés hier, mais la galaxie Elon Musk ne s’arrête jamais de tourner. Au contraire, elle accélère. Le magna américain est à la tête d’une myriade d’entreprises, chacune ayant parfois plusieurs métiers très différents.

On peut citer par exemple Tesla, qui gagne principalement de l’argent en produisant des voitures, mais qui a aussi une activité commerciale « énergie » très lucrative. Sans parler des robots Optimus attendus pour 2025 (au mieux) et des gadgets en tout genre… L’entreprise vend actuellement un quad pour enfant dérivé du Cybertruck à 1990€.

Le Cyberquad pour enfants de Tesla.

Tesla a plusieurs métiers, et développe à côté un écosystème d’intelligence artificielle. Les ambitions du constructeur sont à aller chercher du côté de la conduite autonome : un argument marketing de poids pour le géant, qui annonçait d’ailleurs récemment la sortie de la version 12 de son système FSD (Full Self-Driving). La société développe pour avancer dans l’IA son supercalculateur Dojo et ses propres processeurs, en plus d’outils logiciel spécifiques dédiés.

L’intelligence artificielle, encore

Mais il n’y pas que chez Tesla que l’intelligence artificielle est un enjeu, parmi les sociétés d’Elon Musk.

Il a lancé courant 2023 une société dédiée à cette activité, baptisée « xAI ». Et pour cause, il avait lui-même participé à créer OpenAI en 2015, souhaitant alors contrecarrer le monopole potentiel qu’aurait Google après avoir acquis DeepMind. Ayant quitté OpenAI en 2018, il était resté en retrait du sujet pendant quelques années, profitant de ce temps disponible pour devenir l’homme le plus riche du monde. Une gageure compréhensible.

xAI a publié très rapidement son premier modèle baptisé Grok : une IA générative assez proche d’un ChatGPT, mais qui a la particularité de pouvoir se servir de toutes les données de Twitter/X, et d’avoir ainsi accès en temps réel à des informations actualisées… et donc plus pertinentes que les modèles figés, comme la version 3.5 de GPT (qui s’arrêtait en septembre 2021 jusqu’à récemment).

Un point positif qui n’a pas cependant comblé l’avance substantielle qu’a OpenAI avec son modèle phare GPT-4 (ni même GPT-3.5), ou celle des concurrents comme Llama (chez Meta) et Mistral (des français de MistralAI).

Un sujet coûteux

Alors Elon Musk revoit ses ambitions… à la hausse ! Il cherche désormais à lever massivement des fonds pour développer xAI.

D’après les informations du Financial Times, ce sont six milliards de dollars que cherche à lever Elon Musk pour sa jeune start-up âgée d’à peine quelques mois.

Il chercherait à obtenir ces fonds d’investisseurs basés à Hong Kong ou de fonds souverains du Moyen-Orient. Comme son ancien acolyte Sam Altman, qui a commencé à travailler avec G42, une société basée aux Emirats arabes unis. On peut raisonnablement supposer que Elon Musk a plus largement un crédit assez fort partout dans le monde, et a en sa possession des gages sérieux pour rassurer des investisseurs.

Une levée de fonds majeure qui porterait la valorisation totale de xAI à 20 milliards de dollars.

Et qui mettrait Elon Musk à la tête d’une société de plus ayant une valorisation à 11 chiffres ou plus :

  • xAI
  • Tesla
  • SpaceX
  • X (Twitter)

Neuralink vaudrait 5 milliards de dollars, même si la somme n’a pas pu être confirmé. On peut aussi citer la valorisation à dix chiffres de The Boring Company, la start-up de tunnels de Elon Musk, mais difficile de voir clair dans l’avenir de cette curieuse activité…

6 milliards de dollars, mais pour faire quoi ?

Quant à la destination de ces 6 milliards de dollars de capitaux, elle semble toute trouvée pour xAI :

Avec six milliards de capitaux dédiés, Elon Musk et xAI auraient les coudées franches pour développer une vraie machine de guerre et aller concurrencer les rivaux : On parlait des milliards levés par OpenAI, on peut aussi citer Anthropic qui après avoir levé 750 millions de dollars vaut désormais 18,4 milliards. Même la petite équipe française de Mistral – on parle d’une vingtaine de personnes – pèse presque deux milliards d’euros, après une nouvelle levée de 385 millions d’euros en décembre 2023.

On pourrait aussi se pencher sur d’autres rivaux aux moyens quasi-illimités, comme Google (et ses modèles Gemini), Microsoft (qui ne compte dépendre d’OpenAI encore très longtemps), Amazon…

D’autant que Meta, avec l’association du français Yann Le Cun et de Mark Zuckerberg, veut développer l’écocystème IA open source, et donc faire progresser gratuitement l’ensemble d’une économie qui n’existait pas il y a encore 24 mois. Et, comme cité précédemment, « Zuck » a des ambitions extraordinaires dans l’IA open source, et des moyens en rapport : environ 20 milliards de dollars…

La Guerre de l’IA sera gourmande en capitaux.